Mal dit

Voilà.

Les décorations éclosent partout, un 12 suit le / et le champ lexical mousse en blanc et or. Noël approche. Et je commence à m’enfoncer.

Il y a deux ans, j’avais écrit une série de billets expliquant comment j’évais rompu, lentement, insidieusement, avec Noël. Pendant ma grossesse, je me suis prise à imaginer que ça pourrait changer. Que le bébé à venir ferait valdinguer mes apréhensions, que sa présence étalerait une couche de bonheur simple sur les souvenirs peu folichons. Que ce serait l’occasion de tout faire pêter pour revenir à quelque chose de plus… de moins… Je ne sais pas exactement. Quelque chose qui nous, non, qui me, à moi, ferait envie.

Parce que je comprends bien que le fond de tout ça, c’est que cette organisation de Fêtes qui ne convient finalement à personne dans nos familles leur convient tout de même un petit peu. Alors que moi, j’ai la sensation de n’utiliser ma maîgre marge de manoeuvre qu’à faire en sorte que ce ne soit pas trop pire. Mon défis des Fêtes qui s’annoncent, c’est ne pas passer de trop mauvais moments.

Les problématiques qui me tiennent à coeur et viennent chercher au fond de moi l’enfant que j’étais ayant le sens du timing, juste avant les Fêtes arrive l’anniversaire de Peanuts.

Ça y est.

Un an.

Wah…

Mes anniversaires, c’est encore un truc qu’on a merdé dans ma famille. Enfant de juillet, pendant des années, on était, mon frère et moi, en vacances avec une tante et ma grand-mère maternelle. Petite, ma tante se débrouillait pour faire quelques choses de pas mal, je crois, sur nos lieux de vacances. Je me souviens d’un clown effrayant ou alors je ne m’en souviens pas mais on me l’a tellement raconté. On était dans des hôtels, des centres de vacances, elle obtenait un gâteau, un peu d’animation. J’avais un ou deux cadeaux. Puis les autres, ceux de mes parents et de la famille paternel, je les avais en août. Le jour où on fêtait les anniversaires conjoints de mon père et mon frère qui tombent à rien de jours l’un de l’autre en fin de mois. Puis avec ma tante, on est parti autrement, ailleurs, et préparer quelque chose pour moi était un peu une corvée je pense. Il y avait un gâteau que je non-choisissais (« Tu veux quoi ? Un mille-feuille ? C’est lourd, ça, et il fait chaud, tu veux pas un fraisier plutôt ? Si ? Très bien. J’ai pris un framboisier à la place, c’était plus simple et c’est pareil »).

Avec le recul, je trouve ça très fort de la part de mes parents : ils ont réussi à se convaincre qu’ils fêtaient nos anniversaires en les non-fêtant chaque année. Parce qu’au final, le mien, on ne le mentionnait pas vraiment en août et celui de mon frère n’était pas totalement le sien puisqu’il y avait mon père et que j’avais mes cadeaux aussi.

On a grandit et mes anniversaires, ça ne s’est jamais arrangé. Je sais pourquoi. Et ça ne se réglera pas. Je vous raconterais si vous voulez.

Parmi ce dont j’ai envie, vraiment, ce que je veux profondément pour mon enfant, il y a bon nombre de choses parmi lesquels des anniversaires qui lui appartiennent et soit un moment à lui qu’on célèbre ensemble et des Fêtes de Noël qu’il attende avec envie et impatience, avec un peu de magie.

Et voilà que le premier anniversaire et le second Noël arrivent et que je sens déjà que tout cela m’échappe. La famille. Cette putain de famille et la pression qui l’accompagne. Les devoirs et les obligations. Et les habitudes qu’on habille par le nom de traditions pour que ça sonne pas trop mal quand on dit qu’on ne veut surtout que rien ne bouge.

Il me reste une semaine pour sauver l’anniversaire de mon fils. Pas tant pour lui maintenant parce qu’il n’aura qu’un an et qu’il n’en gardera comme souvenirs que des photos et ce qu’on voudra lui en raconter. Mais pour lui plus tard, pour ceux à venir. Et pour moi. Tout à fait égoïstement pour moi. Parce que j’ai besoin, pour être la mère de Peanuts, de sauver mes Noëls en sauvant les siens. De sauver ses anniversaires parce que pour les miens c’est trop tard.

Et je dois aussi le protéger de ça. De mon besoin de réparer à travers lui.

Et tout ça sans arriver à me faire vraiment comprendre.

J’envie les décembre des gens qui arrivent à les rendre heureux. Parce qu’au final, c’est le mois de l’année où je me sens le plus seule…

Note de bas de page :

J’ai jeter ces mots, je n’ai pas le temps de les relire, ni celui de les travailler. Je les publie, fautes et mal dit inclus.

 

4 réactions

  • 1De Dame Ambre – 05/12/2015, 14:47

    Je partage les mêmes anniversaires et noël cauchemardesques, pour des raisons différentes et similaires. Je travaille à ce que Prince ai son propre anniversaire et pour l’instant, distance kilométrique familiale oblige, nous réussissons (il est au milieu de 3 autres anniversaires, dont celui de LeChat…). Ça ne me répare pas, je n’ai pas l’impression de tenter de me réparer non plus, juste je fais en sorte de ne pas foirer les siens.
    Pour noël, notre impératif est de le fêter de la manière que les enfants le souhaitent chez nous, on a compris l’importance d’un certain rituel (exprimé par Prince), qui est refusé chez mes beaux-parents alors nous le faisons chez nous. Ça a permis à mon grand d’en aimer la magie, et je compte que cela continue ainsi.
    Là encore, cela ne répare rien, noël me panique et celui qui arrive est pire que tous les autres (de ma vie d’adulte).La seule chose à faire… ? Que leurs noëls et anniversaires soient de beaux souvenirs. Pour nous, je crois que c’est juste foiré (et je suis désolée de ce message très pessimiste qui risque de peu t’aider 😦 ). J’ai peur de ce noël-ci, et je suis du coup bien sombre…

  • 2De Anna – 06/12/2015, 16:26

    J’espère de tout mon cœur que ça se passera bien pour toi, pour lui, pour vous tous. Et je t’embrasse.

  • 3De Floh – 07/12/2015, 10:43

    Alors, je voulais te répondre sur twitter mais vu que je n’y ai plus trop accès c’est plus compliqué, mais tu sais, le 1er anniversaire de ma fille a été un foirage monumental!! C’est l’année où j’ai pris conscience que ça allait être ultra compliqué de la fêter comme je le voudrais parce qu’elle est en plein mois de Juillet, et qu’il faudrait faire des concessions…
    Je n’ai pas toute ta problématique de Noël et des anniversaires, je pars donc d’une base plus « saine » mais je sais que c’est compliqué et qu’il faut arriver à faire entendre sa voix.
    Je ne sais pas comment est ton homme à ce sujet, mais c’est une décision entre toi et lui, et si vous arrivez à parler de concert, à faire entendre ce que vous voulez (puis plus tard votre fils, il est un peu petit pour l’instant), même si ce ne sera pas forcément simple avec la famille, l’important sera posé….
    Oui le premier anniversaire est symbolique, on veut en faire quelque chose de joli mais promis, on peut se rattraper les années suivantes, en tâtonnant….
    Je t’embrasse et je vous souhaite un doux mois de Décembre, je veux y croire pour vous…
  • 4De Lizly – 09/12/2015, 11:16

    @Dame Ambre : Je n’ambitionne pas de corriger quoi que ce soit me concernant. Je me suis mal exprimée, mon billet porte bien son titre ! Toi, tu dis mieux. Et ton est tout à fait d’accord.

    @Anna Musarde : Rendez-vous dans quelques semaines pour vous dire ce qu’il en est ! Je souhaite que toi et les tiens passiez de superbes Fêtes.

    @Floh : Je sais que ce premier anniversaire n’aura rien d’irrémédiable pour Peanuts. Mon « épée de Damoclès », c’est cette inertie dans nos deux familles quand il faut changer des choses. J’appréhende qu’on exige de nous que les choses se passent de la même manière année après année…
    L’Homme est bien l’Homme : plus j’anticipe, moins il voit loin. On a réussi à faire en sorte que les choses se passent chez nous, déjà, contre la tendance familiale qui voulait qu’on aille chez ma belle-mère qui a place. Je ne voulais pas la placer en organisatrice, surtout pas.
    Pour Noël, l’Homme ne dit trop rien si ce n’est qu’il comprend mes envies (partir 3 jours, fêter Noël juste nous trois) mais qu’on sait bien tous les deux que c’est impossible…
    J’ai envie de croire que Peanuts fera que j’aimerais un peu Noël un jour. Je ne sais pas si ça se produira mais je veux travailler à ne pas gâcher l’enthousiasme qu’il pourra avoir (comme ma mère l’a fait, finalement). Mais pour cela, j’ai le temps : il ne se rend compte de rien cette année si ce n’est qu’il y a des lumières qui clignotent partout et que ça lui plait bien 🙂