En vrac (2)

J’ai rempli deux formulaires. L’un pour renouveler ma carte de bibliothèque, l’autre pour en créer une au nom de Peanuts. Mon métier consiste en partie à prêter des livres et je suis pourtant une bien mauvaise emprunteuse. Même les prêts que je m’accorde à moi-même je suis incapable d’en respecter les délais que je m’impose. Pourtant, j’ai envie qu’on fasse cela, aller emprunter et rapporter ensemble des livres à la bilbiothèque. Lui apprendre ça. Il reste à faire des photos d’identité. Et d’en rire.

J’ai repris le travail et ces quelques heures dans une journée à subir un rythme qui n’est pas celui de Peanuts me font du bien. Je reste déconcertée par la manière dont il est présent sans être là. Maman louve, je ne suis jamais détachée complétement de mon petit. La micro-crèche dans laquelle il terminera cette année scolaire lui apporte beaucoup. Il sourit en arrivant, preuve est faite qu’il s’y sent bien. Les personnes qui y travaillent nous inspirent une grande confiance et je trouve chez elles ce qui me manquait chez celle qui aurait dû être sa nounou, chez d’autres ass’ mat’ que nous avons rencontrées. Pourtant, je n’arrive pas à le nommer. Peut-être est-ce simplement l’attitude de mon enfant vis à vis d’elles. Je retrouve chez lui, dans leurs bras, ces airs et ces gestes qu’il n’a pas avec tous.

Renouer avec mes heures professionnelles s’est fait facilement. Très, l’impression de ne jamais être partie. Pas totalement, l’impression d’être une autre qui revient. Il y a un décalage flagrant qui me jette à la figure celle que mes collègues connaissaient. Je suis peut-être revenue autre mais je suis certaine de ne pas avoir complètement était celle-là. Je n’aime pas qu’ils me prennent pour elle. Ni qu’ils m’aient pris pour elle toutes ces années. Je n’aime pas non plus retrouver certaines habitudes si profondément ancrées. Elles me facilitent grandement la reprise, automatismes qui sauvent la mise et donnent un cadre à l’éparpillement de mes idées. Mais elles m’enferment également. Je note et projette. La fin d’année donnera ses échéances et il faudra voir, selon, à la rentrée prochaine.

J’ai repris à mi-temps mais 50% de présence dans l’établissement sont loin de correspondre à 50% de ma charge de travail. J’ai la chance de partager le service avec une collègue pleine d’enthousiasme et d’idées. Partager ainsi mon lieu et mon outil de travail est très nouveau mais je m’en accoutume bien mieux que je ne l’aurais cru. Reste qu’à temps « mi » la gamme à réaliser compte bien plus de notes.

Les choses se passent bien. Il n’en reste que je suis fatiguée. Comme de bien entendu et dans une mesure raisonnable pour la situation. Mais je suis fatiguée. Il y a ces journées que j’ouvre en cherchant simplement à les remplir pour qu’arrive le soir. Ce que je ressens à les traverser m’est alors indifférent. Au soir venu, si l’enfant s’endort en allant bien, cela me suffit. Ce qui va et vient.

Puis il y a les autres journées.

J’aime assez la manière dont nous faisons tout ça. Dont nous le vivons. Ce que nous sommes. Nôtre nous trois me plait. Et si j’y perds un peu mon moi seule pour l’instant, c’est qu’il y a ce tellement si tout dans mon écharpe de portage qui m’emplit de tellement tout ça.

 

3 réactions

  • 1De Floh – 26/05/2015, 13:23

    Je lis tes mots avec admiration. Ils me prouvent que c’est possible, là où j’ai échoué.
    Oui nos enfants sont tout le temps près de nous, jamais loin. Même confiée à son père, ma fille est à côté. Ca restera à jamais ainsi je crois, et je trouve que c’est tant mieux. Pour le reste, que tu es sage et juste dans tes mots et tes raisonnements…et là, je ne peux que te dire bravo, je ne pense pas que je saurai le faire un jour…
    Je t’embrasse fort <3<3
  • 2De Anna – 27/05/2015, 09:23

    C’est beau de te voir en ces temps de changement.

  • 3De Lizly – 27/05/2015, 10:37

    @Floh : Dans tout cela, il y a plus de ressentis que de raisonnements. J’ai la chance, monumentale, de ne forcer que peu les premiers à l’aune des seconds. Moi aussi je t’embrasse fort !

    Merci @Anna. c’est doux de t’avoir pas loin en ces temps-là.

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