366 réels à prises rapide

 

LUNDI 1 OCTOBRE 2012

Aujourd’hui…

Par Lizly le lundi 1 octobre 2012, 20:46

Je ne sais pas si on s’en rend compte en ligne mais je suis quelqu’un de dur.
En particulier avec moi-même.
Je n’ai guère d’indulgence pour mes erreurs.
Alors quand je conclus un accord entre moi et moi, c’est toujours mûrement réfléchi.J’ai voulu me tester sur un texte par jour. Pas tant pour l’écriture que pour la rigueur de l’activité quotidienne.
Je me suis offert un joker parce que les circonstances étaient exceptionnelles.
Je ne m’en accorderai pas un 2e parce que tout simplement, hier, l’exercice… m’est sorti de la tête. J’en reste là, je mets fin à la performance.

J’ai cherché une de mes limites. Je l’ai trouvée.

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lundi 29 octobre 2012 17:27 lullaby

On sent une grosse amertume derrière ta décision. Ne t’en veux pas, c’est très contraignant comme exercice, l’inspiration ne se force pas, ne se commande pas, et s’astreindre tous les jours à écrire, sur un thème imposé qui plus est, demande une volonté de fer, que tu as eue déjà pendant un bon moment. Effectivement, là, dans ce post, je sens à quel point tu peux être dure avec toi-même (et effectivement, je ne l’avais jamais senti avant).
En tout cas, je dois dire une chose : ça fait un moment maintenant que je te lis, et je trouve que ton style s’affirme de plus en plus. Il ne fait pas que s’affirmer, il se précise aussi, il progresse. Je pense qu’il y a vraiment, maintenant, une « patte Lizly » qu’on reconnaît. Le jeu avec les mots, des petites inventions mais pas trop, l’utilisation de vieux mots un peu oubliés, le jeu avec les sonorités, et aussi, ce que j’apprécie vraiment chez toi, c’est que tu ne cèdes pas à la facilité, c’est pas déjà vu, déjà lu, trop facile et hyper connu, c’est créatif et rafraîchissant et c’est ce qui fait que je viens toujours te lire avec grand plaisir (des fois même, je suis déçue de voir que tu n’as rien publié !) Continue sur ta lancée

 

mercredi 31 octobre 2012 16:26Lizly

L’amertume est passée. Quand on se rencontrera (car il faudra bien qu’on se rencontre, tu ne crois pas ?), je te raconterai d’où vient tout ça.
Merci, merci, merci, pour cette reconnaissance d’un style, d’une patte, de ce qui fait mon écriture. Et j’espère pouvoir continuer à ne pas te décevoir !

29 septembre « Aujourd’hui j’ai fait de mes mains »

Par Lizly le lundi 1 octobre 2012, 20:39

29 septembre « Aujourd’hui j’ai fait de mes mains »

 

Se jeter du lit, se préparer en mode zombie, attraper ses affaires, partir et vivre une journée entière de réunion sans même une pause, de 11h30 à 18h passées, rentrer, croiser l’Homme, manger sans appétit, mater un film. J’ai des fourmis dans tout ce corps qui n’a servi à rien d’autre que transporter ma tête, cette tête ce soir est épuisée mais ne peut s’endormir. Je n’ai rien fait de mes mains, de mes membres, de mes muscles alors la tête est épuisée mais le reste bouillonne. J’en ai marre de ne rien avoir à exprimer d’autre que ma fatigue ces jours-ci…

28 septembre « Aujourd’hui derrière la vitre »

[non publiable parce que trop personnel]

27 septembre « Aujourd’hui pour ligne d’horizon »

La ligne d’horizon est striée, tranches de ciel en mille feuilles entre des nuages gorgés d’orage, arrêtée à ce week-end car rien n’existe au delà de la perspective de laisser mon corps aller au sommeil, à l’allanguie. L’horizon a la tête dans le guidon.

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lundi 29 octobre 2012 17:20 lullaby

« La ligne d’horizon est striée, tranches de ciel en mille feuilles entre des nuages gorgés d’orage »… je lis et relis cette phrase, qui est d’une poésie hallucinante et hyper évocatrice. J’adore.

26 septembre « Aujourd’hui un meuble a des formes »

Dans une pièce, un meuble peut beaucoup. Dans un couloir, une entrée, un lieu de passage, il peut encore plus. Un échange de meubles peut changer une ambiance jusqu’à métamorphoser une pièce. Nos meubles en disent sûrement long sur nous. Pourtant, il ne m’est jamais venu à l’idée de donner des noms à mes meubles alors que j’en donne à tout un tas d’objets. Et même à certaines de mes plantes.

25 septembre « aujourd’hui où étiez-vous entre 13h et 13h05. Que faisiez vous ? Vous avez un alibi ? »

Je ne parlerai qu’en présence de mon avocat !

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lundi 29 octobre 2012 17:18 lullaby

ahahah 😉

24 septembre « Aujourd’hui nouvelle connexion neuronale »

La journée a été bien remplie, comme celles des bons jours de boulot, avec de la gestion, de la péda’, de l’entrain, de l’envie. Et puis le soir arrive et place à la vie privée pour fêter le bel âge que l’Homme prend aujourd’hui, en amoureux, comme on a envie de vivre les années qui viennent. Je trépigne plus que lui, j’ai hâte de voir sa réaction à mon cadeau. Quand il prend un an, j’ai un peu l’impression que moi aussi. C’est le doux sentiment de vieillir ensemble, connectés, amoureux.

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lundi 29 octobre 2012 17:17lullaby

Splendide…

23 septembre « Aujourd’hui ça tombe »

Avec la fatigue, tout se dirige vers le bas. Le nez qui pique, la tête qui bringuebale, les intentions qui faiblissent, l’humeur qui est à la baisse, les coins des sourires qui pèsent lourd, les gestes s’alanguissent, les coups et les envies tombent.

Je traine cette fatigue, la déteste à la hauteur de sa présence, de son poids, j’en ai marre d’elle, elle ne suit pas les règles, elle ne devrait pas être là, pas aussi dense, pas aussi tôt.

22 septembre « Aujourd’hui quatre mure

Les magasins de meubles. Des idées, des envies, des fous rire. Et des dépenses. On ne peut pousser les murs. On n’a même plus vraiment envie. On manque de place, on a renoncé à déménager, il ne reste plus qu’à en faire, de la place. On a acheté une commode et une étagère, rien que ça. On a jeté 4 meubles, 6 sacs poubelles. C’est le début du désencombrement. 4 murs. Notre toit. Nos envies communes. Notre chez nous.

21 septembre « Aujourd’hui pas envie de »

Il faut continuer pour retrouver. Mon rythme de travail ne me plait pas. Mes journées ne me plaisent pas ce qui signifient pas que rien ne me plait dans mes journées. Mais trop d’heures sans élève pour trop d’élèves sur de trop courtes plages horaires. Des tâches administratives qui occupent le devant de la scène parce que je n’ai aucune excuse pour les enterrer. Je n’ai pas envie que ça continue ainsi, que cette fatigue perdure, que ce rythme soit celui de mon année.

20 septembre « Aujourd’hui un outil pour »

Les clouer sur place, les faire douter, les encourager, les faire sourire, exprimer tout l’agacement du monde, provoquer le rire, les mettre en attente, leur couper la chique, trahir des émotions, leur imposer le silence, les rendre attentifs. C’est fou ce qu’on peut faire rien qu’avec les yeux.

19 septembre  » Aujourd’hui profonde pensée philosophique »

[PAGE BLANCHE]

18 septembre « Aujourd’hui moment du réveil »

J’entends la radio mais loin. Comme si c’était elle le rêve et ma douce somnolence la réalité. Puis le chant des grillons mécaniques amplie la chambre et les mondes s’inversent. Je fais taire les grillons et chausse mes lunettes sur mes yeux collés. Un bras m’entoure les hanches et ce matin bien que petit pèse des tonnes. Je me demande vaguement si c’est vrai que je fais ça toute l’année, de me lever si tôt, de forcer mon corps à se mouvoir mais suis encore trop embrumée pour me donner une réponse. La dette de sommeil s’accumule. Mais une journée m’attends. Je paierai plus tard, d’une manière ou d’une autre.

17 septembre « aujourd’hui dommage »

On est deux bonnes élèves devant un Chef d’établissement qui ne peut que tolérer la situation sans pour autant se retenir de nous faire sentir que ça ne lui plait pas. Passage obligé : présentation du calendrier des élections à venir. « Il y aura encore 2 listes cette année je suppose » affirme-t-il. 3 est exclu, 1 encore plus. Ou alors sans nous et sans nous, il n’y a pas de candidats. On le fait chier avec nos discordes mais il ne peut pas se permettre de trop nous malmener. S’il comprenait que ce n’est pas qu’une histoire de personnes… Il ne veut pas laisser la discussion s’installer alors il embraye sur autre chose. On sort de son bureau et cette guerre de pacotille est ravivée à l’excès. C’est tellement dommage.

16 septembre « Aujourd’hui une affiche »

Une affichette plus qu’une affiche, à placarder sur mon front et dans mon dos  :

« Indisponible pour cause de maladie plus ou moins psychosomatique à symptômes aléatoires sans gravité mais pénibles pour l’intéressée »

Je ne sais pas ce que j’ai mais j’ai hâte que ce soit réglé.

15 septembre « Aujourd’hui agacé de »

– cet étrange mal de gorge qui ressemblait à une angine ce matin et a muté en un truc aphonique inconnu ce soir.

– passer un samedi soir seule de plus

– ne pas avoir mis le nez dehors de la journée

– n’avoir rien écrit de publiable

– avoir consacré trop de temps à ce livre qui n’en méritait pas le millième

– savoir l’Homme chez le Prince

– manque de muscle pour jouer de la basse debout

– ne pas avoir le courage pour me mettre sérieusement au piano

– pondre un texte si minable aujourd’hui

14 septembre « Aujourd’hui un gros mot »

J’ai mal à la gorge. Soit j’ai pris froids, soit j’ai perdu l’entrainement et géré mes élèves, hors et en cours, me fatigue la voix plus que de raison. Ou alors je somatise aussi.

Peu importe la cause, les effets sont les mêmes, un félin roulé en boule s’est installé toutes griffes dehors dans mon larynx, ma tranchée, mon cou. Alors le mot, quel qu’il soit, ne doit pas être, sous peine de se voir amputé d’une ou deux syllabes, trop gros.

13 septembre « Aujoud’hui escaliers/escalators/ascenseurs »

Montà, calà, montà, calà…

Il fait quelques marches, un palier, et quelques marches. Dans une journée, ça représente des volées de marches, des montagnes à gravis, des culminances ou des descentes abyssales. Je ne peux lui échapper. Il est entre mon lieu de travail et le reste du monde. De 8hà 16h30, il est même entre le monde et le reste du monde. Il a des frères partout dans le bâtiment mais je peux les contourner. Lui, non. Il est là, lumière tamisée et barrière aveugle. Test à courbatures, coupe jambe, espace de planque. L’Escalier.

12 septembre « Aujourd’hui, la cinquième personne qui va vous parler »

Réfléchissons.

La première fût l’Homme pour un bonjour expédié mais tendre.

Le deuxième fût un jeune homme dreadlocké qui s’est excusé alors que c’était moi qui évait déboulé sur le trottoir sans regarder.

Le troisième et le quatrième furent successivement le patron du centre équestre et le maréchal ferrant pour me saluer.

Je ne saurais dire qui du père, de la mère ou de la fille fût le 5e. Elle enviait la hauteur de mon pourtant petit cheval, ses parents calmaient sa hâte masquant une certaine angoisse. Une conversation sur le ton de la plaisanterie, eux en anglais, moi en français et le cheval comme langue universelle.

11 septembre « Aujourd’hui l’écran »

Aujourd’hui – c’est-à-dire de nos jours – l’écran est pluriel – c’est-à-dire démultiplié et omniprésent – c’est-à-dire tout le temps là. Dans ma journée, il est smartphone au matin, ordinateur quand chemine le soleil et télé à potron-minet La plupart du temps. Ou dans des ordres différents. Ou plusieurs en même temps. Les écrans, c’est un peu partout, un peu tout le temps. Et surtout ce qui se passe au-delà de l’écran.

10 septembre « Aujourd’jui contenu et contenant »

Le CDI c’est mon outil de travail. C’est un lieu mais aussi ce qu’il contient. Il est ressources, informations, histoires. Il est quatre murs et un toit. Il est aussi dans ma tête. Ce CDI, c’est mon concept. Une autre prof doc le ferait différent. Dans l’idée comme dans la forme. Qui est exactement le contenu et le contenant ? On dirait une de ces illusions d’optique infinie. Le CDI contient le CDI ainsi que ma personne qui le contient pourtant dans sa tête…

9 septembre « Aujourdhui reflet »

Mon village est ses pierres, la maison de mon enfance, ma famille, la table autour de laquelle nous sommes assis, la route, le jeu de dames pour se garer, la campagne tout autour, l’orage arrêté sur un sommet… Reflet d’une vie qu’on a écartée, celle de l’arrière-pays, des mi-hauteurs, du rien que du bon autour, du pas grand monde et du Grand Monde un peu loin. Sans regret.

8 septembre « Aujourd’hui croire que »

Personnellement, je crois peu. Je ne crois pas qu’il y ait un dieu au-dessus de nos têtes mais comme Saint Thomas, j’ai tendance à ne croire que ce que je vois. Je crois souvent que mon avis m’importe beaucoup et que ma vision des choses est un point de départ pas trop mal trouvé. Je crois que beaucoup de superstitions sont d’abord une affaire de bon sens : poser ses chaussures sur la table c’est sale, un parapluie ouvert dans une maison est dangereux pour les bibelots, passer sous une échelle risque de la faire tomber avec pertes et fracas. Je crois que l’Homme est sincère quand il dit qu’il m’épousera. Je crois qu’il cherche son équivalent d’un gland. Je crois que l’amour ça peut durer toujours. Je crois qu’il y a beaucoup de choses qui méritent qu’on y croit.

7 septembre « Aujourd’hui une affaire de choix »

Le tour de table est toujours compliqué. Que dire exactement ? Se présenter en quelques mots c’est choisir ce qu’on veut immédiatement révéler de soi, choisir la première impression que l’on veut laisser, choisir de mettre cartes sur tables ou de bluffer, c’est se mettre en scène. Tout est question de contexte. Au bahut, j’ai la version très courte : Lizly, prof doc. La version très longue pourrait donner « prénom, allusion littéraire, non, non épelé, professeure documentaliste, syndicaliste à drapeau rouge mais pas représentante syndicale, représentante, par contre, des personnels au CA, dresseuse de singe ».

Je ne donne jamais la version très longue.

Pour la rentrée politique, c’est une autre affaire. Quels engagements prétendre ? Quelles fonctions évoquer ? Faut-il rappeler que je suis la fille de mon père. Donner mon boulot ? Ma ville ? Mon quartier ? Quels choix…

6 septembre « Aujourd’hui le piège »

Le piège c’est de retomber dans les habitudes aveuglément, imaginer que rien n’a changé, malgré les nouveaux visages, oublier qu’il y a ce que les gens disent, ce que les gens pensant, ce que les gens répètent et ce que les gens font, se retrouver dans l’année au point d’en zapper de menues tâches de rentrée (comme un insignifiant projet annuel. Hum.), être confiant au point d’aller trop vite, trop discrètement, trop solidairement, le piège c’est la reprise qui ne sent pas suffisamment la reprise.

5 septembre « Aujourd’hui carrelage »

Ben là… Franchement… Carrelage… Carrelage. Carrelage, quoi. Carrelage ! Je vois très bien de quoi il s’agit, ce n’est pas la question, les multiples formes, les motifs variés à l’infini, la matière, l’idée, l’entretien. Mais rien, là. Carrelage sous mes pieds, le carrelage qui aurait pu nous permettre de déménager s’il avait été posé dans cet appartement, le carrelage là où il aurait mieux valu l’éviter au bahut… J’en suis rien moi ! Aujourd’hui cheval, ça m’aurait parlé. Ou aujourd’hui lunettes. Aujourd’hui tramway. Aujourd’hui communiquer. Aujourd’hui vieillesse, aujourd’hui télé, aujourd’hui fatigue… Mais « Carrelage »… Ben non là.

4 septembre « Aujourd’hui douceur de »

La rentrée – pas la pré-rentrée qui consiste essentiellement à une mise en jambe émaillée de récit de vacances, non, le lendemain – a toujours quelque chose de rude. Retrouver sa peau d’enseignant, ses marques, éviter l’angle du mur derrière le bureau, reprendre l’habitude de répéter les mêmes choses, faire face à un auditoire sans concession. Puis revenir chez soi dans un appartement vide de l’Homme parti panser le Prince, gratter sa basse et se finir au doliprane 1000.

Demain, il fera beau.

3 septembre « Aujourd’hui dans mes poches »

Aujourd’hui dans mes poches des tas de jeux de clés, la clé des champs, le champ des possibles d’une année en construction, construction de projets avec un s, est-ce une bonne année ? L’à venir nous le dira.

2 septembre « Aujourd’hui emballage »

La tunique. Neuve, jamais mise, jamais vue sur moi. Puis un pantalon. Discret. Une paire d’escarpins. Haute mais pas vertigineuse. Des plumes rouges aux oreilles, des bracelet qui tintent, un quelque chose autour du cou, un brushing un peu plus soigné qu’à l’ordinaire, du maquillage comme tous les jours.

Voilà le programme. L’emballage pour la pré-rentrée. Prévu ce soir, n’attendant que demain. Avec bien plus d’enthousiasme que le contenu, il faut l’avouer.

1er septembre  » Aujourd’hui animal »

Féline dans ses courbes, véloce dans sa ligne, élancée dans son équilibre. Jaguar, elle porte bien son nom. Le caprice sur lequel l’Homme a bondi, la robe sunburst, la tête large, la touche sombre, mon cadeau. Suqier under-signée Fender. Une belle mécanique. Jaguar. Ma basse. Maintenant, y a plus qu’à.

31 août  » Aujourd’hui le territoire de »

L’orage et moi nous partageons équitablement le territoire de mon balcon. Je le salie, il le nettoie, je l’encombre, il le dérange, j’y mets des plantes, il les arrose, j’y étends le linge, il souffle sans eau jusqu’à ce que tout soit sec et je rapatrie le précieux à l’intérieur avant le grand son et lumière. Tout est question de compromis, de yuccas costauds, de disponibilité et d’un œil pour le ciel.

30 août « Aujourd’hui les toilettes »

L’Homme m’a appris beaucoup de choses et celle qui a le plus changé mes habitudes, c’est de lire aux toilettes. La lecture aux goguenots, certaines fois, ça sauve ma journée parce que c’est le seul instant que j’ai eu pour parcourir quelques pages. La lecture dans les leiux d’aisance m’incite également à y passer un temps que mes intestins n’avaient pas forcément l’occasion de me réclamer. Les toilettes comme annexe à la bibliothèque, ça se vit plutôt bien.

29 août « Aujourd’hui un geste qui veut dire »

Je pose mes doigts écartés à la base de mon cou. Je caresse doucement ma nuque et remonte en peigne dans mes cheveux. Là, je brosse mes mèches pourtant courtes et fixées à la laque. J’arrête. Et je recommence.

Je sors de chez le coiffeur.

28 août « Aujourd’hui succession de bruits »

Cliquettetis du clavier, graoudement de la machine à laver, glougloutonnement du lave-vaisselle, crissotement de grains de raisin succombant sous mes dents, flapflapement de mes tongs, struipement de l’aspirateur, schlouphement de la serpillère, guitigruitis de mon estomac, schtinguelis des neurones qui se triturent, smookies de nos baisers.

27 août « Aujourd’hui ce petit coin de nature »

On a fichu de la terre partout y compris sous mes ongles. On s’est embrouillé dans les tailles de pot, les formes de soucoupe et les hauteurs de terreau. On a un peu joué à tétris, on a escagassé l’évacuation d’eau. Mais on se sent bien, maintenant, dans notre coin de verdure sur le balcon, notre espace vert privatif, notre petit jardin en pleine ville. Le paysage qu’on s’est fabriqué et sur lequel on veille avec bienveillance.

26 août « Aujourd’hui demi-vérité »

Je comprends et accepte totalement la grande disponibilité, l’attention sans faille, le soutien, la présence de Celuiquej’aime vis-à-vis de son meilleur ami en ces semaines difficiles pour lui. Je n’éprouve aucune jalousie, même pas ténue, à l’idée qu’il a été moins attentionnée envors moi alors que ma grand-mère décédait qu’envers lui qui vit une rupture difficile. Je pardonne entièrement le Prince des Quenouilles d’être aussi demandeur et insistant.

25 août « Aujourd’hui essayé de »

Ai essayé :

– passer une journée agréable

– impliquer Celuiquej’aime dans le coin de verdure que je tente entretenir sur notre balcon

– ne pas m’emballer sur un projet qui peut en devenir un mais s’étouffer aussi bien dans l’oeuf

– faire comprendre à Celuiquej’aime qu’il y a des bornes aux limites, sans qu’on s’engueule ou même se renfrogne

– terminer de créer un design très personnel pour mon blog

– écouter mon corps, soigner ses maux bénins

Et j’y suis arrivée

24 août « Aujourd’hui un trou »

Trou de mémoire, mémoire d’éléphant, éléphant d’Afrique, Afrique noire, noir comme dans un four, four à pain, pain de mie, mimolette, molette d’ajustement, ah justement c’était le moment, moment d’inattention, inattention décadente, décadence rythmée, rythme anarchique, anarchisme intemporel, un temporel compte les heures, les heures passent, et la caravane.

23 août « Aujourd’hui chaussures »

L’été, je vis les épaules et les orteils à l’air. Je fais des kilomètres en tong, adoptant tantôt la démarche trainante, tantôt la démarche snap-snapante, seuls choix possibles avec des choses aux pieds. J’ai des tongs sobres, des tongs vieilles, des tongs assorties à mon maillot de bain. Et je ne parle pas des sandales dont mes préférées sont de sobres tropéziennes kickers. N’empêche qu’au final, l’été, c’est sans chaussure qu’on est le mieux.

22 août « Aujourd’hui j’évite »

De penser. Donc d’écrire.

21 août Aujourd’hui on conserve

Une solidarité, un lien, un je-ne-sais-quoi, ce truc qu’on a, frère et soeur, ce qui manque avec l’autre et qu’on ne construit pas après coup.

[écrit le 22 août au matin]

20 août « Aujourd’hui au téléphone »

Aujourd’hui, je suis le caniche de mon téléphone. Il siffle un texto et j’accours, il sonne un appel et je me précipite. Je me trouve ridicule, je sens un poids, je suis tendue. Mais je ne peux pas. Là, ce sont de ces jours où il faut être présente, à l’écoute, disponible. Il faut faire le lien, le forcer, le tenir à toutes forces et le téléphone est le seul à pouvoir abolir les distances. Mais plus il sonne, plus il siffle, plus j’ai envie de me rouler en boule dans un coin sombre.

19 août « Aujourd’hui en gros »

Aujourd’hui, j’ai vérifié sur la balance que j’avais effectivement pris du poids pendant les vacances, on a essayé d’avoir une journée cool mais il faisait trop chaud et la machine à laver a fait piscine dans le salon, j’ai retrouvé une connexion haut débit et je n’ai pas touché un seul carreau de chocolat.

18 août « Aujourd’hui cinq mots essentiels »

Retour, pénates, home sweet home, chez soi, maison.

Ou.

Tristesse, deuil, spleen, blues, saudade.

Ou.

Brouillard, flou, déphasée, cotonneuse, embrouillée.

Ou.

Bizarre, étrange, curieux, insolite, déroutant.

Ou.

Efficace, carrée, optimum, pied sur terre, solide.

17 août « Aujourd’hui l’ordinateur »

Aujourd’hui, l’ordinateur si souvent réconfortant n’est qu’un corps vide. Sans connexion Internet, il ne relie à personne, à rien. Devant l’écran vide, aucun réconfort. Sans le réseau, l’ordinateur n’est d’aucun réconfort. Relégué au rang de lecteur DVD transportable, l’ordinateur n’apporte rien, la page blanche n’est d’aucun secours. Finalement, ce n’est pas mon ordinateur qui me manque. Ce sont les gens derrière les leurs. En particulier aujourd’hui…

16 août « Aujourd’hui comme si vous l’aviez vécu avec quelqu’un d’autre mais qui ? »

A peine levée, reposée d’une bonne nuit fort attendue après une série de mauvaises, je tombe dans la dure réalité : un texto m’annonce de mauvaises nouvelles concernant ma grand-mère. En quelques minutes, elle m’a pressé les épaules, rendu le sourire au milieu de quelques larmes égarées avec un ou deux bons mots. J’ai besoin de me défouler. On part courir ensemble, elle me motive, m’incite à aller un peu plus vite, un peu plus loin. On reprend notre souffle en papotant. elle me change les idées. A table, on rit en douce et on écrase nos fou-rire dans le dos de ma belle-mère. Dans l’après-midi, elle nous accompagne sur une balade, une petite grimpette de 1500 à 1800 mètres. Elle détourne les yeux quand j’embrasse l’Homme puis elle nous vanne gentiment. Avant le repas du soir, elle reste avec moi, m’épargne les contraines. Aujourd’hui, j’aurais passé la journée avec mon ange-gardien.

15 août « Aujourd’hui on pourrait presque toucher »

Aujourd’hui on pourrait presque toucher, par amis interposés, la vie de famille comme on la dessine, avec deux enfants, trois ans d’écart, dans ces montagnes qu’on appelle souvent les nôtres. Alors on joue à imaginer ce qu’on ferait pareil, ce qu’on voudrait changer, comment ce sera quand il s’agira de nous, de nos enfants, de nos montagnes. Et c’est plutôt chouette, ce qu’on voit.

14 août « Aujourd’hui le fruit de »

Le fruit d’une heure quasi quotidienne d’équitation est une meilleure assiette et beaucoup de plaisir à se sentir maîtresse de son équilibre à cheval.

Le fruit des maux de l’Homme est des promesses, des déclarations enflammées, une humeur en dent de scie et des séances de congélation/décongélation.

Le fruit de petites nuits est une longue sieste.

Le fruit de ces vacances est encore indéterminé.

13 août « Aujourd’hui la dernière fois que »

Aujourd’hui, la dernier fois que j’avais accompagné l’Homme chez le médecin ne datait pas d’hier mais de six jours, ce qui est peu, surtout quand on est du genre à fuir les cabinets. Une violente contracture des dorsaux. « Vous en avez plein le dos, hein ? » a-t-elle joué sur les mots. Je l’aime bien. L’Homme ne sait pas trop. Elle ne souhaite pas nous revoir d’ici la fin des vacances.

12 août « Aujourd’hui quelque chose qui clignote »

C’est le ciel, qui clignote, ou alors ce sont les lumières, on ne distingue pas toujours. Orage de montagne, flashs qui photographient les pas maladroits pour rentrer in extremis, le sourire aux lèvres, la tonnelle à la rescousse, trois fois rien sur le dos et une escapade au compteur.

11 août « Aujourd’hui liberté chérie »

Appelée à corps et à cris muets, elle a débarquée par surprises. Liberté, liberté totale, liberté chérie. Tout l’espace rien que pour moi, aucune contrainte, personne sur le dos. Et voilà que je me retrouve prostrée, l’ordinateur sur les genoux, le portable toujours à portée de main, l’inquiétude en collier et le souci comme laisse. La liberté, d’accord, mais pas à n’importe quel prix. Surtout pas celui d’une vie. Ce soir, je retrouve mes chaînes presqu’avec soulagement. Liberté, j’écrirai ton nom sous peu.

10 août « Aujourd’hui la chose à ne pas dire »

Toute association de la notion de belle-mère et de celle de compréhensivité, indulgence, coopérativité, tolérance ou autres pratiques du même genre sont prohibées. Strictement. Une belle-mère, ça ne mérite pas qu’on soit quoi que ce soit de ce genre. D’ailleurs, une belle-mère ne nous mérite pas.

9 août « Aujourd’hui bouches »

Ici, les bouches grimaces, les bouches se tordent, les bouches crachent « bonjour » comme si c’était un mot sale. Parce qu’on n’est pas d’ici, ni d’un périmètre de mois de 5 kilomètres de diamètre. Mais ici aussi, d’autres bouches sourient à pleine dents, d’autres bouches bavardent, d’autres bouches renseignent, d’autres bouches accueillent. Ce village à deux visages (et non pas l’inverse). Deux visages, et deux bouches. J’alimente la 2e avec ardeur.

8 août « Aujourd’hui des papiers »

Ordonnances. Deux. Traitement et éventuellement IRM si pas mieux. Un genou. Pas le mien. Pourtant… Mode d’emploi, emballages, notices explicatives. Lectures inédites. Quant aux promesses non écrites de ces vacances, il va falloir les revoir, les aligner sur les impondérables et dire adieux à l’appel des cimes et du lever de soleil à 2700 mètres d’altitude.

6 août « Aujourd’hui violet »

Par Lizly le lundi 20 août 2012, 14:20

90-366

Le violet ne me réussit pas particulièrement au teint. J’en porte peu, ne l’accrochant qu’à l’exception dans ma garde-robe, si ce n’est par petites touches, en général sur les jambes. Mollets, cuisses, tibias, genoux : coins de tables, pas de porte, rebords de bidet, d’évier, d’étagère, n’importe quel truc qui traine. Aujourd’hui, j’ai une superbe note violette sur le genou droit. Une histoire de vélo, de pierres, d’étrier et de crampons.

7 août « Aujourd’hui coule »

Aujourd’hui coule le torrent, rapide et violent au creux du vallon pour accompagner notre marche d’un glougloutement guttural qui s’éloigne à mesure qu’approche le sommet. Aujourd’hui coule l’eau pas assez chaude de la douche sans débit sur mes muscles fourbus et mes traits souriants. Aujourd’hui coule bizarrement le temps, levés avant le jour, endormis aux heures chaudes, haché par la cloche décalée. Aujourd’hui coule le thé de Noël dans nos bols parce que l’Earl Grey a sauté du ravitaillement. Aujourd’hui coulent les mots lus, les mots écrits, les mots effacés, les mots qui seront répétés.

5 août « Aujourd’hui offre spéciale »

Par Lizly le lundi 20 août 2012, 14:19

Aujourd’hui pour 15 jours de vacances en compagnie de vôtre Belle-Mère, on vous offre, sans supplément, sans conditions et sans astérisques, plus d’une semaine de J.O. à tous les repas ! La télé à table, votre belle-mère qui commente la carrure des sportifs, l’assemblée concentrée sur l’athlétisme, des conversations coupées par des types qui courent et des nanas qui sautent. Vous en rêviez, Londres 2012 l’a fait.

4 août « Aujourd’hui virilité »

Je suis tombée. Une histoire d’équilibre et d’étrier bien que je n’ai pas été à cheval mais à vélo. L’Homme, parti un peu devant, n’a rien vu. Je suis d’abord restée assise puis j’ai fait fonctionner prudemment les zones douloureuses avant de tester mon équilibre sur la jambe touchée puis je l’ai rejoint. Ne me voyant pas arriver, il était en train de rebrousser chemin. Il a examiné mes douleurs, m’a demandé si je me sentais de rentrer puis m’a prise dans ses bras. Ensuite, il m’a promis d’ôter les étriers de mon vélo puis a veillé à ce que je me soigne. Il n’a pas vraiment l’air inquiet. Il avait plutôt l’air désolé.

3 août « Aujourd’hui phrases entendues »

Au 12e jour, nous retrouvâmes ma belle-mère et chacune de ses phrases étaient stress, lieux communs, plaintes, potinages sans intérêt, vide à remplir. Alors je compris combien nous avons appris, entre nous deux, à laisser se faire les silences, à ne plus en avoir peur, à les laisser vivre. Je compris également à quoi aller ressembler le jour suivant, celui qui suivrait puis celui qui viendrait ensuite et ainsi de suite et me résolue à vexer tout le monde s’il le fallait mais à aller chercher le silence autant que j’en aurais besoin.

2 août « Aujourd’hui horizontales et verticales »

Depuis mes études d’Arts (oui, j’avais l’option Arts Plastiques au lycée) #ironyinside, je suis assez sensibles aux lignes qui composent mon espace visuel. Il y a des lieux dans lesquels je suis plus à l’aise à une place qu’à une autre parce que les lignes sont plus harmonieuses. C’est mon côté Sheldon. Aujourd’hui, horizontales la surface du lace, la rupture du barrage, la ligne d’horizon. Verticales la direction, les pins infinis, cet appel d’air vers le ciel. Pas de chocs aux intersections. Juste… de l’apaisé.

Demain, on rentre.

1 août « Aujourd’hui mangé »

Un croissant (frais), un pain au chocolat (frais), un pavé de saumon et demi à la cheminée, des tagliatelles au pesto, des tranches d’aubergines et de courgettes grillées, de la salade verte avec une sauce vinaigrette, une mini crème brûlée, de la pèche à la sauce chocolat, une crêpe petit format, un micro cookie (c’était un thé gourmand), un demi melon, 3 chips peut-être 4, de la terrine de foie de quelque chose à l’armagnac, une compote mélangée mais surtout, 150 pages de Shining.Et j’ai ouvert la chambre 217.

31 juillet « Aujourd’hui juste un seul mot »

Ressentir.

30 juillet « Aujourd’hui un objet par terre »

En camping, on vit avec le sol. Ce n’est qu’on un « on » qui édicte une règle mais notre « on » à l’Homme et moi. La bâche pour s’asseoir, s’allonger, siester parfois en fin de journée. Les herbes sèches, les feuilles tombées, et les pieds nus souvent. On vit à ras de terre, on réapprend le tailleur, on salit nos fonds de culottes. Peut-être que c’est ce changement de point de vue qui donne ce goût aux vacances.

29 juillet « Aujourd’hui sport »

Entretenir un couple constitue un exercice de chaque instant. Auprès de l’Homme, j’ai appris deux choses parmi des milliers d’autres. Je savais que « je » devais s’arranger de « nous » mais pas combien il devait composer avec « tu », sans s’oublier ou surexister. Par ailleurs, les choses n’étant pas si mal faites, l’Homme se permet rarement d’aller mal si c’est mon cas et inversement. La 2eleçon étant : ne jamais baisser sa garde car si on va bien, il reste toute la latitude à l’autre pour aller mal. Et dans l’instant présent me laisser dans l’incompréhension absolue de son énervement et sa bouderie bien que j’ai cherché des éclaircissements. Il me reste alors toutes les suppositions de mon petit esprit tordu. Et ça en fait beaucoup.

28 juillet « Aujourd’hui ce qui a été le plus court »

L’autopsie de la lampe de poche.

27 juillet « Aujourd’hui le fil »

Comme un leitmotiv, un refrain, un fil rouge.

–          Ça va ?

–          Oui.

–          Tu es heureux ?

–          Oui. Et toi ?

–          Oui

C’est tout con parfois.

26 juillet « Aujourd’hui manque »

Aujourd’hui ne manque sûrement pas d’amour même si on s’est éloignés des yeux (mais pas du cœur). Aujourd’hui ne manque pas de degrés abrutissants, tombé à 38 sur l’échelle de Celsius. Aujourd’hui ne manque pas de paysages à faire envie, ni d’églises. Aujourd’hui ne manque pas douce langueur, de petites satisfactions, de melons, de cours d’eau, de toile de tente, d’épaules nues.

Aujourd’hui manque peut-être seulement de jumeau. Et d’une partie de Mölky.

25 juillet « Aujourd’hui mauvais endroit mauvais moment »

L’enfant sourire dort quand ça lui chante. Et nous, petites abeilles, nous gravitons autour, nous nous calons sur ses heures. Mais quand les dents travaillent, même si la maisonnée accuse le coup de la journée, l’enfant sourire n’y peut rien : il pleure son malheur dans les bras parentaux. Ce n’est ni le mauvais endroit, ni le mauvais moment, l’enfant sourire à tous les droits.

24 juillet « Aujourd’hui est un parc d’attractions »

Aller marcher et croiser veaux, vaches, ânes, cabrettes et poneys. Pique-niquer sous les frondaisons, au bord de l’eau. Siester, un peu, à la chaude. Jouer avec des histoires pour attendre la fraiche et s’encanailler sur des chemins aux hasards d’une carte approximative. Manger avec délice puis prendre le frais. Une tisane, déplier le lit. Avoir discuté, échangé, s’être connus davantage. Vivre.

23 juillet « Aujourd’hui toujours vieux »

Elle a de grands yeux émerveillés et des faussettes quand elle sourit. Elle écoute comme si elle comprenait tout puis elle se marre et c’est communicatif. On pourrait lui donne un milliard de conseils avec notre expérience mais il faut aussi qu’elle fasse ses expériences, du haut de ses 8 mois. On est toujours le vieux d’un autre.

22 juillet  » Aujourd’hui encore jeune »

On gagne en sérieux, on s’organise de mieux en mieux, on gère, on fait face à l’improviste et à 20h30, il ne reste plus qu’à attendre que le repas termine de cuire, le reste est prêt, on part demain. On est un vieux couple.

On part avec l’inquiétude, la boule au ventre pour nos vieux. On en a vu certains aujourd’hui. D’autre sont trop loin, dans plusieurs sens du terme. Aujourd’hui, on a vieilli. Même si on est encore jeune.

21 juillet « Aujourd’hui le destin a encore frappé »

On avait, cahincaha, donné un peu d’ordre à notre journée. Entre humeurs difficiles, mots de tête maussades et nuit malaisée, ce n’avait pas été si évident. On se planifie un peu les choses. Et paf, le coup de fil du Père :

– Vous êtes où ?

– On allait à Auchan

Ah comme ça tombe bien, il y va aussi. Et si on mangeait sur place, tous ensembles. On a eu un trou de trois heures dans notre planning, les bagages pas fait. « Comme ça tombe bien »…

20 juillet « Aujourd’hui ce qui a un sens »

Aujourd’hui, ce qui a un sens, c’est le temps. Horizontal, il avance. Vertical, il s’égraine. Circulaire, l’heure tourne. Par contre, aujourd’hui, le temps a une direction mais il n’a pas trouvé la vitesse.

19 juillet « Aujourd’hui sur le réseau »

Tôt ce matin, réseau hertzien adressé à l’Homme. Je n’en garde qu’un souvenir confus, replongeant aussi sec dans mon sommeil de vacancier. Plus tard, c’est le réseau routier qui me sort du lit. très vite connectée, mon réseau sociale préféré se langueure d’été. Des messages, des sites, des applications : le web étend sa Toile. Dans l’après-midi, réseau familial. Texto à destinataires multiples. soirée en réseau humain avec restaurant, alcool et bonne bouffe. Aujourd’hui, sur le réseau, ma vie et moi.

18 juillet « Aujourd’hui pas malin »

Nous sommes mercredi. Le même jour de la semaine dernière, je m’enquérais du programme des festivités familiales de notre anniversaire commun, à ma Jolie Belle Sœur et moi. Jeudi, on fixait une fourchette « à la semaine prochaine ». Dimanche, mon frère tranchait pour le jeudi soir. Hier, il m’offre de choisir si nous nous rendons dans sa ville ou s’ils se rapatrient dans la mienne. Aujourd’hui, mes parents tranchent pour la mienne. Il est impossible de joindre le restaurant que j’avais en tête.
Et ça me stresse. C’est pas malin.

17 juillet « Aujourd’hui vite vite »

Aujourd’hui vite vite profiter des vacances, celles ici, celles seule, sans Homme, celles à 8 heures de vie strictement personnelle par jour. Vite vite effacer les traces de cette vie là parce qu’elle est bordélique et que le bordel contrarie celui avec lequel je vis. Vite vite exploiter avant d’autres, différents mais savoureux à d’autres égards.

16 juillet « Aujourd’hui ça ressemble presque à une blague »

On est réunis. Toujours les mêmes et pourtant encore moins en moins nombreux. Les questions soulevées ressemblent tellement à d’autres, les mêmes depuis dix ans, ou presque. Les contextes changent mais on reste les mêmes. Nos pratiques évoluent mais les gens ne changent pas. On se pratique depuis très longtemps… Trop longtemps ? Réunion sans surprise, sans (r)évolution. Rien de plus que d’habitude si ce n’est que je deviens blasée. Avec un peu de recul, quand on se regarde, là, ça ressemble presque à une vaste blague.

15 juillet « Aujourd’hui option a ou option b »

Option a : m’écraser, me recroqueviller, me réduire à l’intérieur de moi-même, subir, me taire.

Option b : me détacher, sortir de moi-même, être physiquement présente mais psychologiquement intouchable.

Il reste aussi l’option c : trouver un équilibre entre les 2.

14 juillet « Aujourd’hui un défilé de »

Faire des recherches, suivant le sujet, c’est fastidieux. Aujourd’hui, plongées dans les projets de vacances, j’ai fait défiler tellement de sites d’offices du tourisme, de campings, de plans à la con signés google, que je ne sais même plus où on part. Et d’une demi-journée à me battre avec les javas récalcitrants, les maps imprécis, les diaporamas surexcités, je peux vous dire une chose : rien, RIEN, ne vaut une bonne vieille carte michelin.

13 juillet « Aujourd’hui prouve que le sol présente quelques failles »

Ce matin, je me suis réveillée pas différente d’hier mais identique à aujourd’hui. Mes cheveux avaient toujours trop poussé, ma bouche avait l’odeur des grasses matinées en solitaire, ma tête fourmillait d’envie et d’idées folâtres. Pourtant, un 8 s’en est venu remplacer un 7, ce qui change tout et ne change rien. Il a bien fallu qu’il sorte de quelque part, ce chiffre. Et puisque le ciel s’étend d’azur et que rien n’en tombe, je suppose qu’il a poussé du sol. Une graine de plus dans le sablier.

12 juillet « Aujourd’hui prouve que le sol remue »

Le départ approche alors les lignes se dessinent, les chemins s’ouvrent, les itinéraires s’affolent. On a des fourmis dans les routes, hâte de s’échapper, hâte que le sol remue !

11 juillet « Aujourd’hui prouve que j’ai aussi les pieds sur terre »

It was my day of(f). Télévision, lecture, Internet, et surtout télévision. Heroes saison 3 en VOST. Quand je passe beaucoup de temps à regarder la télé en anglais, j’ai tas de mots anglais qui me viennent. Du coup, c’est « bullshit » et « fuck off » qui me sont venus à la bouche alors que je me ridiculisais au tennis. Ce soir, on révise Big Bang Theory. Je ne suis pas certaines d’avoir les pieds sur terre. Je suis en vacances.

10 juillet « Aujourd’hui quelque chose que je ne comprendrai jamais ».

Je ne comprendrai jamais notre incapacité chronique à organiser clairement un évènement aussi futil soit-il quand il s’agit d’accorder mes parents, mon frère et moi. Je suis issue d’une grande lignée de Shadoks.

9 juillet « Aujourd’hui une liste »

Aujourd’hui, on m’a annoncé une nouvelle qui en soit n’est ni bonne ni mauvaise et qui n’est peut-être même pas une nouvelle. Il nous a fallu réfléchir alors on a fait une liste. Les listes sont la réponse à beaucoup de maux : perte de mémoire, troubles de la concentration, défaut d’efficacité. c’est aussi un excellent remède pour prendre de la distance, avancer pas à pas. Je ne sais pas ce qu’il adviendra de la liste d’aujourd’hui. souvent, dresser est suffisant…

8 juillet « Aujourd’hui mémoire morte »

Il est vieux et malade. « Malade » comme on l’est quand on est vieux, pas d’un mal précis mais d’une combinaison d’affections multiples cerclées des effets secondaires des traitements à foison. Il n’est plus que dans ce présent-là : le mal. Il va mal. Il a besoin qu’on le sache, qu’on l’observe, qu’on le rumine comme il le fait. Il refuse qu’on intervienne. C’est comme si rien n’avait existé. Comme si toute une vie était là. Dans le mal et l’observation borborygmée de ce mal…

6 juillet « Aujourd’hui c’est bien une vache »

Certes, si on consomme peu de lait et qu’on n’a pas l’âme à manger les animaux qu’on a connus, ça n’a pas une utilité directe. Mais tout de même. Ça passe son temps à occuper son temps. En cela, c’est un bonheur à observer. Puis c’est bêtement affectueux. Ça donne sans compter. C’est pétri d’habitudes et ça n’en démord pas facilement. Non, il n’y a pas à dire, c’est bien, une vache.

7 juillet « Aujourd’hui matière vive »

Je suis entrée dans le sas. Celui qui ouvre sur les vacances. Je suis matière molle, vidée d’énergie. Je tiens à la promesse du repos qui tarde à venir. Je suis matière boudeuse, vite excédée. Je suis matière alanguie qu’on pousse un peu trop. Quelques jours de sas encore. Et je reviendrai à la vie.

5 juillet « Aujourd’hui moment où la nuit tombe »

C’est le claquement régulier de mes dix centimètres à chaque pied sur le trottoir. Presque lent. Régulier. On ne peut rien précipiter en talons hauts. Je rentre chez moi. Il fait bon dehors. Presque frais. Ce qu’il faut. Je n’ai pas besoin de désaouler, ni même de m’enivrer. Je ne me sens pas si mal. J’ai serré des gens dans mes bras et c’était bienvenu. J’ai prononcé trop d’au revoir pour cette vie. J’ouvre une porte, en ferme une autre, me retrouve chez moi. Ce moment où la nuit tombe sur une année de vie.

4 juillet « Aujourd’hui permission accordée »

Permission d’être quelqu’un de faible. Permission d’être maladroite avec un tout petit. Permission de minuit. Permission de rougeoyer. Permission d’en avoir ras le bol aussi un peu en passant.

MERCREDI 4 JUILLET 2012

3 juillet « Aujourd’hui est un plan »

Prenez à gauche immédiatement en sortant du lit, première à droite pour la vidange puis à gauche pour une douche. Droit devant : garde robe. Passez l’étape du petit déjeuner et suivait les consignes habituelles pour arriver au travail. Là, s’écarter alors de l’entrée de l’autoroute et s’engager sur la nationale. Lever le pied et suivait la route tranquillement jusqu’à arriver à la fin de journée. Attention aux virages, laissez-vous porter.

2 juillet « Aujourd’hui elle ressemblait à »

C’est elle. Mais dans 10 ans. Je reconnais ses yeux, ses expressions, son attitude. Je reconnais son visage, ses gestes, sa tonalité. Mais ses tresses ont disparu, une frange cache son front, sa nuque est toute nue. En une coupe de cheveux, j’ai perdu une jeune ado pour rencontrer une jeune fille. Elle n’a pas fini de me surprendre.

1 juillet « Aujourd’hui clés »

Elles sont nombreuses. Je les découvre petit à petit. Quand j’en attrape une, je la détaille en tout sens, je l’essaie, je la teste. Puis je suis la piste suivante. J’en ai attachée quelques unes à mon trousseau mais je ne sais pas combien il y en aura en tout. Aujourd’hui j’en ai ferré une de plus. Il faut encore que je remonte la ligne. Je ne sais pas encore s’il s’agit d’ouvrir les serrures ou de fermer définitivement une porte. Mais elles sont les clés de cette maladie.

30 juin « Aujourd’hui tout nouveau : »

Aujourd’hui, toute nouvelle : une guitare, évidemment. Leitmotiv de notre vie depuis 3 ans. Une nouvelle arrivée. Sèche, celle-là, touche en palissandre. La Yamaha est partie, troquée pour une américaine supplémentaire. Pour un homme heureux.

29 juin « Aujourd’hui tout le monde ne dit pas merci »

Mais moi si. En passant puis en y revenant pour ce que ne soit pas dit trop vite. Même si elle a 13 ans, que c’est une élève, qu’il y a cette distance. J’ai dit merci. Je ne le regrette pas.

28 juin « Aujourd’hui tant le monde ne porte pas de lunettes »

Non, il y en a qui cultivent des légumineuses.

27 juin « Aujourd’hui me manque peut-être »

La reprise terminée, je traine un peu. Je distribue des carottes à tous mais plusieurs noms me restent inconnus. Je m’assieds avec les parents qui attendent la fin de la leçon de leurs filles (que de filles !) et j’échange quelques mots en prenant l’air et l’ombre. Mon moniteur est ailleurs, il n’a pas dit grand chose de mon travail. Appartenir davantage à tout cela, connaître les recoins, les robinets, savoir où trouver une éponge, un saut, différencier à coup sûr Tania de Téo… Peut-être que ça me manque.

26 juin « Aujourd’hui des nombres concrets »

6 BD ont disparu du bac.

1 heure a été consacrée à de la saisie. Quand y en a p’us, y’en a encore.

9 344,63 € ont été attribués à l’achat de manuels scolaires.

1 long baiser a été échangé à mon retour à la maison.

21h14. Je ferme ce carnet.

25 juin  » Aujourd’hui présentation de »

Rentrée 2012.

Les pieds dedans jusqu’aux genoux, à mariner dans la sueur de l’été en devenir, prenant des notes poisseuses, stats, prévisions et autres annonces. Les mains dedans jusqu’aux coudes, paperasses et comptes-rendus pour comptes à rendre. La tête loin, très, déjà plus dans cette année, pas encore dans l’autre.

24 juin « Aujourd’hui ceux qui s’accrochent »

Aujourd’hui, on a sept ans. L’âge de raison à ce qu’il paraîtrait. Est-ce que ça signifie qu’on va devenir raisonnables ? Peu me chaut. Tout ce qui m’importe c’est voir pétiller ses yeux encore et encore, pendant les 7, les 77, les 777 années qui viennent.

23 juin « Aujourd’hui ce qui s’accroche »

Aujourd’hui, ce qui s’accroche, c’est lui, c’est moi, ce sont nos corps, c’est notre engagement, ce sont nos amours, nos bonheurs, nos emmerdes, ce sont nos galères, nos émois, lui et moi.

Aujourd’hui, ce n’est pas ce qui s’accroche mais ceux qui s’accrochent.

22 juin « Aujourd’hui rien n’aurait changé si »

Si nous respections le calendrier scolaire, la loi, et autres menues contraintes, aujourd’hui aurait été avant dernier vendredi de l’année scolaire, la veille d’un presque dernier week-end, les derniers temps avant deux semaines de travail acharné.

Au lieu de quoi cette journée était la dernière en compagnie de nos chères têtes blondes. Reste deux semaines de travail acharné. Mais sans élève dans les pattes.

21 juin  » Aujourd’hui feu de »

Vive les vacances

A bas les récompenses

Les cahiers au feu

Les collègues au milieu

20 juin « Aujourd’hui fin de »

L’état de grâce.

L’année scolaire ou presque.

Certaines illusions.

Mon sacrum et quelques côtes. L’air doux printanier.

La fin d’une période de l’année, d’un cycle, d’une saison… des haricots ?

19 juin « Aujourd’hui qui, quoi, quand, où, comment et pourquoi ? »

Mon nombril et moi tournons en rond les mêmes idées chaque jour que dieux font, sans jamais finir de les déglutir car il y a forcément encore un peu de sève à en tirer.

18 juin « Aujourd’hui réflexe »

Tout faire. Prendre en charge. Même quand je dis stop. Même quand ça fait mal. Ne pas attendre une seconde, se baisser pour rien parce que je n’ai pas eu le temps de lire « non », ne pas déléguer. Je veux croire que c’est un réflexe. Sinon ça signifie qu’il est persuadé que je ne fais et ne ferais jamais bien.

17 juin « Aujourd’hui est une petite annonce »

Cherche compagnon ou compagne de glandouillage télévisuel entrecoupé d’étendage de caleçons. Barres glacées offertes. Abstentionnistes s’abstenir.

16 juin « Aujourd’hui faim de »

De sucre

De soleil

De temps

D’ailleurs

De loin

D’été

De vie

15 juin « Aujourd’hui comme ça et pas autrement »

En fin d’année scolaire, il n’est plus temps de transiger. « Mais Madame… » Déjà, en temps normal, quand ça commence par « Mais Madame », « Non, mais » ou « Oui, mais » ça me porte sur les nerfs. Mais alors en fin d’année, c’est même plus la peine d’essayer. J’explique pas, je transige pas. Ça n’a rien de pédagogique, bien au contraire, mais c’est comme ça et pas autrement.

14 juin « Aujourd’hui envie d’être à »

-illeurs, essentiellement.

Dans une autre cuisine, une autre ville, une autre tête. Loin d’ici. Loin de moi.

13 juin « Aujourd’hui cheveux »

Il y a des journées où tout part à vau-l’eau, de Charybde en Scylla. Des journées qui semblent vouloir tester vos limites, vous faire sortir vos tripes. Des journées à s’arracher les cheveux. alors on encaisse et quand c’est trop plein, on pleure. Et on attend le jour qui suit.

12 juin « Aujourd’hui une confidence »

Une élève que je n’aime pas, mais alors pas du tout (autant que je puisse ne pas aimer une élève c’est-à-dire avec distance et professionnalisme) s’est faites battre devant le collège. Pas terriblement mais des coups bien placés et bien mis. J’ai tout vu. Je ne sais combien de fois j’ai imaginé lui asséner ce type de coups. Mais je n’ai tiré aucune satisfaction de ce spectacle. Ni davantage de sympathie pour cette élève.

11 juin « Aujourd’hui si je portais des lunettes roses j’écrirais »

si je portais des lunettes roses, j’écrirais des mots qui ne sont pas les miens car je serais quelqu’un d’autre puisqu’il ne viendrait jamais à l’idée de cette de que je suis de s’affubler d’une telle chose.

10 juin « D’aujourd’hui, j’oublierai certainement demain que »

Rien ne change.

Mais tout également.

9 juin « Aujourd’hui une petite lumière »

Le visage rouge, criant, tordu. La douleur, la détresse aussi peut-être. Elle a un mois dans peu de jours et son ventre fait mal. Je ne sais pas ce qu’on comprend à un mois des douleurs gastriques. Sans doute pas grands choses au-delà de la douleur en continue. J’ai mal, faites quelque chose. Je l’appelle Jolie Poupée et elle fixe mes boucles d’oreille qui pendent. Elle est la petite lumière, le bébé solaire de mon Amie Lune.

8 juin « Aujourd’hui je n’ai rien dit quand »

En fin de semaine, il y a tout ce qui s’est accumulé, tout ce qui s’était accumulé et tout ce qui s’accumulera. Alors les choses sortent. Les réponses s’imposent, les mots ne se retiennent pas. Aujourd’hui, j’ai tout dit quand. A chaque fois. Je ne m’en sens pas mieux. Je ne m’en sens pas moins bien. Je suis du même avis que moi-même. Et trop épuisée pour savoir si ça suffit ou pas.

7 juin « Aujourd’hui orgueil de »

Je n’ai aps regardé dans le détail. Même pas dans les grandes lignes en fait. Mais j’ai jugé. Tape à l’œil, grossier, en rien pédagogique. Parce qu’elle m’inspire le mépris. Parce qu’elle arrive en terre conquise sur un territoire que je refuse de nommer mien bien qu’il me revienne presque de bonne logique. Parce qu’elle.

6 juin « Aujourd’hui un jeu »

Ce soir on joue à « Si on a l’appartement, on fera… » et on meuble, on répartie les espaces, on choisit la couleur des murs. Mais à intervales réguliers, l’un de nous rappelle « Enfin, c’est si on l’a, hein ». Donc on joue aux Sims sans ordi tout en jouant à qui ne s’emballera pas trop. On a des jeux de grands.

5 juin « Aujourd’hui un parfum »

Agitation confuse des élèves, CDI se vidant de sa sève grouillante, l’arrêt des prêts, absences chroniques de certains collègues, multiplication des sorties scolaires, soleil à la fenêtre et débardeurs dans les vestiaires. Ça sent les grandes vacances.

4 juin  » Aujourd’hui une action soignée »

C’est un beau schéma bien chiadé sur un outil que tout le monde n’utilise pas donc qui fait genre un peu pro. On y va de notre expertise, chacun son vocabulaire info-documentaire préféré, qui défend « catalogue » versus « base de données ». On mutualise, on met en commun, on réfléchit, on élabore.

Et demain, je serai de retour dans mon établissement et tout cela restera ce que c’est : de la trituration neuronale absconse.

3 juin « Aujourd’hui je n’aime pas »

D’une manière générale, je n’aime pas. Mais aujourd’hui plus particulièrement, je n’aime vraiment, mais alors vraiment, vraiment, vraiment pas.

2 juin « Aujourd’hui une addiction »

Affronter une dure journée ? Bien manger pour commencer. Affronter une longue journée ? Manger tout au long, même sans faim. Clore une dure journée ? Manger. Manger, réponse à tout. Une contrariété ? Manger. Une frustration ? Manger. Les mains en sang, le dos moulu, les jambes pesantes ? Manger.

Manger.

1 juin « Aujourd’hui que reste-t-il de »

Que reste-t-il de tous nos cours ?

Que reste-il de nos traits d’humour ?

Une chanson, drôle de chanson documentaire…

31 mai « Aujourd’hui comme un touriste »

Aujourd’hui j’ai transpiré de dessous les bras au point que mon t-shirt sent le touriste, la crème solaire en moins.

30 mai « Aujourd’hui la peine de »

Aujourd’hui c’est pas la peine de me réconforter parce que je me raisonne seule. Pourtant, c’est bon de sentir sur les différents sujets à mes faiblesses les contacts vibrer sous le clavier, réagir, répondre présents. Le bruit de la rue se fait plus lointain, un certain blog a l’air moins moribond, les contrariétés relativisent. La peine de prendre du temps pour ces gens qui en prennent tant pour moi.

29 mai « Aujourd’hui bijou »

C’est une sphère simple d’ambre miel avec une attache en argent. Je n’ai plus la chaine qui allait avec, pacotille rapidement usée. C’est un cadeau de mes parents. Pas à moi, à ma grand-mère, celle que je pleure, celle qui est morte. C’est un héritage.

Longtemps, ma grand-mère s’est soucié du devenir de ses bijoux. Je n’en portais pas, unique petite fille de celle qui n’a eu que des fils, ça l’attristait. Je me souviens de ses bracelets, qui cliquetaient, son semainier.  Je me souviens des boucles qu’elle clipsait à ses lobes non percés. J’ai gardé ses bijoux. Pas tous. La plupart. Le semainier qui cliquette et que j’enfile pour le son parfois. Et cette boule d’ambre que ce matin à mon cou noué.

28 mai « Aujoud’hui pris entre les deux »

D’un côté, il y a ma flemme exemplaire, ma fatigue, mon besoin hiératique de glander.

De l’autre, il y a mon Homme, son stress, son angoisse, et le côté super agaçant.

Et au milieu, il y a mon amour, ma compréhension et toute ma bonne volonté.

Mais quand même !

27 mai « Aujourd’hui beaucoup trop de »

Des tas, des tonnes, des tempêtes, beaucoup trop de minutes dans cette journée. Ou alors vraiment pas assez, j’ai beaucoup de mal à savoir.

26 mai « Aujourd’hui une pensée sauvage »

 

Elle est née de la colère, de la frustration, de la mauvaise humeur, de mon manque de sommeil, de cette nuit amputée au matin pour que l’Homme s’arrache à moi pour retrouver une fois de plus celui que je veux de moins en moins voir. Elle est de née tout ça pour s »émanciper et grossir malgré ce qui pousserait à la faire taire. Elle disait « C’est quand même plus simple quand on est seul à décider, qu’on n’a qu’un avis à écouter ». Elle s’est tu quand la colère s’est calmée. Ce n’était qu’une pensée.

25 mai « Aujourd’hui contre »

Aujourd’hui contre toi, tout contre toi, à démêler les nœuds à quatre mains, accorder nos instruments pour décider dans le même sens, écrire des « et si » sur les murs de notre salon, caresser ta joue rasée de frais, puis t’embrasser pour la première fois comme à chacun de nos baiser.

24 mai « Aujourd’hui c’est mécanique »

Les gestes de mon travail. Les clics de souris, l’empoignement ferme de la douchette, l’oreille tendue au bip, le balayage du regard, les copier/coller, le flirte avec le thésaurus. Passer les documents de la caisse débordante à ma gauche au carton vide à ma droite. La saisie est une mécanique bien huilée, j’y suis à l’aise, comme sur des roulettes. Tâche répétitive et en ce sens aussi reposante que barbante. Je suis mécanicienne de la saisie documentaire.

23 mai « Fragment d’aujourd’hui dont Hitchcock aurait pu faire un film »

On sort de l’ascenseur et il y a ce type sur le pas de la porte. Un gaillard de presque 2 mètres, coupe militaire et robe de chambre fuchsia. Poignée de main réglementaire et visite comme une inspection des locaux : simple, rapide, efficace. On pose quelques questions. On est encore chez lui. Un chez lui qu’on devrait pouvoir imaginer en futur chez nous mais c’est difficile. L’intérieur date d’une autre époque. On ne nous propose pas de pousser certaines portes. L’atmosphère pèse.

22 mai  » Aujourd’hui assez de »

Assez de non.
Assez de chut.
Assez de et si.
Assez de pourquoi pas.
Assez de ah oui !
Assez de cette journée.

Suivante !

21 mai  » Aujourd’hui une photo qui vous touche »

Il ressemble un peu à Coluche. Il faut dire qu’il avait encore pas mal de cheveux. Il a un air de savant fou. Un air de fou qu’il avait si souvent. Il s’est grimé un nez rouge avec l’ancêtre de photoshop : un bon mieux marqueur. Au stylo, une paire de canines démesurées et quelques mots « Je mangerais bien une petite fille ». C’est mon cousin. Le saltimbanque, le théâtreux, l’homme aux marionnettes. Il m’a fait peur autant que fasciné. Il a ce regard que donne la liberté enivrée.

20 mai « Aujourd’hui une consigne »

« Mange, tu ne sais pas qui te mangera »
J’ai pensé à ça en m’enfilant la moitié du pop-corn de l’Homme au cinéma. Réminiscence de la petite enfance rappelée à moi par un vampire sexy et sa victime à l’écran, sans doute.

19 mai « Aujourd’hui un projet »

Aujourd’hui pas un mais mille projets. Comme chaque jour. Remis à demain. Comme chaque jour. Ou presque.

18 mai « Aujourd’hui elle a dit »

Aujourd’hui, elle a dit qu’elle devait me passer le bonjour de Mme M. Alors pendant une fraction d’instant j’ai eu de nouveau 11 ans. Mme Petites Cases… Depuis, j’ai comme un kyste de nostalgie qui se balade dans l’estomac. Mme Petites Cases…

17 mai « Aujourd’hui tache »

Face à une toile de Saytour, je fis remarquer à mon couple parental « Les mêmes couleurs et le même motif par Vialat, ça donnerait quelque chose, mais là, c’est creux… »
« – Par Vialat, ce ne serait pas la même toile, releva mon père.
– Oui mais l’esprit est le même. Si on te montre la toile sans la légende tu penses Vialat, pas Saytour. Sauf que c’est creux, objectait-je.
– C’est vrai, c’est creux, opina-t-il ».

16 mai « Aujourd’hui la sécurité c’est »

Mettre un casque pour monter à cheval alors qu’on risque de se fracturer un membre, des côtes, un bout de colonne, davantage que de s’ouvrir le crâne. Traverser au feu vert et sur les clous en faignant d’ignorer la conduite d’aquì. Profiter de la caresse de ma mère sur ma nuque fraichement dégagée comme si elle serait là toute ma vie. La sécurité n’est qu’un ensemble d’illusions de sécurité. Mais ça suffit, vivre suppose de prendre le risque de mourir.

15 mai « Aujourd’hui un mot en anglais »

Enjoy !

14 mai « Aujourd’hui enfant »

Mon Amie Lune m’a annoncé ce matin la naissance de sa petite fille au prénom qui rayonne. C’est incroyable combien on peut se réjouir de la naissance de l’enfant d’une autre (et d’un autre parce qu’elle ne l’a pas faite seule, sa fillette solaire).

13 mai « Aujourd’hui la toute première question qu’on va vous poser »

Ça ne vous agace pas, vous, quand on vous demande « Tu es allé chez le coiffeur ? » Pas quand on a juste rafraichi une coupe, hein, mais quand la veille on était rousse à cheveux mi-long et qu’on revient les cheveux à la garçonne teinté brun chocolat. Moi, souvent, je réponds « Non, ils sont tombés pendant la nuit. » Avec le sourire. Mais dedans, je boue du manque total de sens de l’originalité de mon entourage.

12 mai « Fragment d’aujourd’hui raconté en poésie »

A la petite heure du matin,
Du réveil la Belette chassait les grillons,
Missionnée à conduire son amoureux félin
à l’aéroport et quelques compagnons.

Contrariée par la nuit écourtée
et les heures à venir en célibataire passées,
Elle consacra à son canapé
Son ordinateur et la VOD sa matinée.

Puis s’en allant le soleil chercher,
Elle fit par chez la coiffeuse son amie
Un bienvenu détour capilairement recommandé
Dont elle sortit métamorphosée et ravie.

Son élan l’emmenant,
Elle shoppa en quelques lieux
De nouvelles nippes à l’avenant
Closant ainsi un après-midi radieux.

11 mai « Aujourd’hui, il FAUT »

Il FAUT que je tire le fil, que je ne me contente pas d’avoir craché la bobine sans en défaire les nœuds. Il FAUT que j’écoute, que j’entende et que je suive les intuitions, les impressions, les susurrements. Il FAUT que je sois attentive à cette salope de Petite Voix parce que tout teigne qu’elle soit, elle n’a pas toujours tort, la garce.

10 mai « Aujourd’hui une multitude de »

Petits moments, menues douceurs, rayons de soleil, calories, heures de bus, fou rires, insectes, très vieille choses, pierres, amusement, photos et poils de mascotte.

9 mai « Aujourd’hui ventre »

Ventre, source de bien des maux. Il est au centre de tout. Et de rien. Il faut l’emplir, le vider, le chouchouter, s’en soucier. Ventre, source de bien des mots.

8 mai « Aujourd’hui la ligne qui va »

Aujourd’hui la ligne qui va de ma tête à mon cœur vibre et chante sans raison particulière, peut-être parce que c’est le printemps ou peut-être parce qu’une place rose m’a un peu réconciliée avec ma France et donné de l’air, peut-être parce que j’ai bien dormi cette nuit. Mais je m’en fous des pourquoi, je savoure, je touche et je prends des gens dans mes bras.

6 mai  » Aujourd’hui un carré parfait »

J’ai mesuré. Avec les yeux. Cette cabine est un carré parfait. Avec son rideau beigeasse, son petit plateau et sa corbeille à papier qui ressemble à s’y méprendre à celles que nous avons dans mon établissement.
Je prends mon temps. Non, je n’hésite pas. Je vérifie. C’est devenu un toc. Je plis, glisse dans l’enveloppe, ressors, déplie, repli, reglisse dans l’enveloppe.
Et je sors du carré parfait de l’isoloir.

A voté.

5 mai « Aujourd’hui je pourrais tout aussi bien »

Il m’a dit que je m’éteignais, que je ne proposais plus rien, me contentant de le suivre sans imposer mes choix. alors quand il a demandé ce qu’on faisait aujourd’hui, j’ai répondu qu’on allait au cinéma. Moi ça me manque, le cinéma. Mais aucun film n’a trouvé grâce à ses yeux. On n’a pas été au cinéma. Je pourrais tout aussi bien tourner ça au scandale, lui dire que ses mots étaient vides, complaisants, de circonstance, en faire une montagne, un pic, un roc, un cap, une péninsule. Mais je m’en fous. Et puis je l’aime.

4 mai « Aujourd’hui insecte »

Insecte.
Un secte.
Une secte.
Un secteur.
Une section.
In secto.
Non, rien à faire, l’insecte ne m’inspire guère…

3 mai « Aujourd’hui ce qu’il y a dedans »

Ce qu’il y a dedans, saleté de caboche, remue et s’agite, me secoue, m’allume, et ce matin me brûlait derrière les yeux. Qu’est-ce qu’il y a de si sombre là-dedans pour que ça ne se manifeste que dans la douleur ? Aujourd’hui, ce qu’il y a dedans, je l’ignore alors il se manifeste. Maux de tête contre mots de tête. Ce qu’il y a dedans devra bien en sortir…

2 mai « Aujourd’hui sucré »

J’ai mes périodes sucrées et mes périodes salées, mes périodes gloutonnes de l’un ou de l’autre, celles où je n’ai d’appétit ni pour l’un ni pour l’autre.

En ce moment, je suis dans le sucre. Comme si j’avais besoin d’énergie. Comme si j’avais besoin de douceur. Comme si j’avais besoin d’excuses pour être gourmande aussi.

1 mai « Aujourd’hui comment je pense à demain »

Presque sept heures en tête à tête avec leurs faces illustres sur papier glacé, aujourd’hui, je pense à demain par les noms de candidats, par leurs partis, par leurs programmes. Je pense à demain non comme le 2 mais comme le 7 de ce mois, comme le jour « d’après ». Je sais déjà que nous serons tous groggys, même si notre bulletin a gagné. Demain sera celui d’un pays sous le choc. Puis la vie reprendra le dessus.

30 avril  » Aujourd’hui ce qui craque »

Mes os, mes muscles, mes cartilages, mon morale, mes résolutions, les lattes de mon lit, la main de l’Homme que j’aime. Ce qui craque c’est le monde entier pendant chaque séisme.

Je suis une femme-séisme. Mesurez-moi sur Richter.

29 avril « Aujourd’hui comment lui dire ? »

Non mais alors là, on m’aide pas. Un peu de précision ne ferait de mal à personne. « Comment lui dire ? », d’accord mais comment dire quoi ? à qui ? Parce que je suis quelqu’un de serviable dans l’absolu mais il faut me donner un peu de matière pour servir. Donc reformulez-moi un énoncé un minimum organisé et on reparlera de tout cela demain avec toutes les cartes en main.

28 avril « Aujourd’hui le confort c’est »

Aujourd’hui, le confort c’est tout ce qui n’appuie pas sur le sacrum. Le confort c’est un chez nous assez propre pour le pas avoir à se soucier de faire du ménage pendant ce week-end prolongé. Le confort c’est le commerce de proximité qui facilite la vie de tous. Le confort c’est le nouveau pod qui permet à l’Homme de s’entendre sans que moi je l’entende. C’est le temps. Ce sont quelques fleurs pour avoir un sujet de conversation. C’est le replay à la TV. c’est se réfugier chez mes parents et retomber en enfance. Ou pas.

27 avril « Aujourd’hui orange »

Orange est la seule couleur que nous n’ayons pas évoquée pour la reprise picturale de notre table désormais tachetée camouflage suite à une maladresse cillitbangesque. Rouge, bleu océan à bandes blanches, blanc lacunaire à bandes bleues, vert anis mention véto, rose pour rire, bois, rouge quand-même, mais pas orange. Ça jurerait de trop avec le salon. Ce serait plus simple s’il fallait repeindre la Terre…

25 avril « Aujourd’hui la famille »

Par Lizly le vendredi 27 avril 2012, 10:07

345 JOURS

Il y a la famille de sang et tout le poids qu’elle pèse.

Il y a la famille de coeur, très 2.0, enveloppante, douce, inqualifiable tant riches de belles choses.

Il y a la famille à construire, celle qui commence à lui et moi, à laquelle je pense tant, je pense trop, sans empressement mais avec l’enthousiasme de notre à venir.

Commentaires

jeudi 3 mai 2012 11:11 lullaby

Typiquement le genre d’article qui me colle des frissons… d’ailleurs tu m’as collé des frissons… Je te souhaite cette vie à laquelle tu penses de plus en plus, du fond du coeur.

2 jeudi 3 mai 2012 11:27 Lizly

@lullaby : Merci ma belle…

24 avril « Aujourd’hui à 11h30 précises

Aujourd’hui à 11h30 précises je regardais un épisode, le deuxième il me semble, de la saison 1 desHeroes prêtée par mon frère et comblant ainsi un vide sidéral dans ma culture personnelle.
Et le reste du monde tournait, bien loin de moi.

23 avril « Fragment d’aujourd’hui raconté en sondage d’opinion »

Par Lizly le mardi 24 avril 2012, 09:26

L’ensemble des occupants officiels de cet appartement cette après-midi ont passé :

– 80% de leur temps à ne rien faire devant la télé.

– 15% à ravitailler les lieux en papier toilette, kleenex, essuie-tout et pommes rouges.

– 4% à tenter de joindre des gens au téléphone.

– 1% du temps à donner un peu de confiance à une caissière amoureuse d’un grand et beau gaillard.

Commentaires

1jeudi 26 avril 2012 08:04 zelda

Tu racontes les 1% ?

2 jeudi 26 avril 2012 09:04Lizly

@zelda : Dans un post alors. Pour demain.

22 avril « Aujourd’hui je renonce à »

20h12. A rien. Pas à mon vote. Pas à mes opinions. Pas à ma nationalité. A rien. Même pas à la nausée, à l’écœurement, à l’impression d’être sale, à l’envie de garder les yeux baissés. Demain sera là demain. Et le 6 mai aura un soir.

21 avril « Aujourd’hui plaque de rue »

Parce qu’il 21 avril en appellera toujours un bien particulier, aujourd’hui, il n’y aura aucune plaque de rue au nom honni contre qui tant dont moi ont hurlé dans la rue. Et c’est bien ainsi.

20 avril « Aujourd’hui rouge »

Aujourd’hui rouge la ligne à ne pas franchir, celle dont on s’éloigne à coup de rire forcé, de cynisme, de dérision, à coup d’injustices légères, de fausse colère, de menaces creuses.

Aujourd’hui rouge l’oreiller, le coussin, le moelleux sur lequel repose ma tête en cette fin de journée, cette tête lourde et embêtisée de trop de tout.

19 avril « Aujourd’hui mains touchées »

Dans le demi sommeil du réveil, les doigts qui s’emmêlent et se parlent, s’encouragent, se caressent, complotent et se détachent quand la radio lance le Journal qui signale le levée.

18 avril « aujourd’hui ça n’aurait pas dû se passer ainsi »

L’échauffement.
Ça n’aurait pas dû se passer rênes courtes, cravache aux aguets.
Ça n’aurait pas dû me tendre davantage que me détendre.
Ça n’aurait pas dû se terminer avec du sable de carrière plein ma fesse et mon coude et ce couillon de canasson qui galope tout seul après m’avoir désarçonnée d’un pas de danse.

17 avril « Aujourd’hui chaleur de… »

Aujourd’hui chaleur de tes baisers me manque. Les petits bisous timides et enrhumés ne valent rien. L’hiver jour les prolongations et je n’ai que tes bras et cette crève qui fauchent les velléités d’embrassades enflammées pour me réchauffer. Mais je suis une grande frileuse.

16 avril « Aujourd’hui faux et usages de faux »

Aujourd’hui faux : les idées, les propos, les entendus et les sous-entendus que l’on me prête.

Aujourd’hui usage de faux : le détournement de mes phrases écrites pour faire dire ce que je n’ai même jamais pensé.

Aujourd’hui vrai : ma colère, ma frustration, mon exaspération.

Aujourd’hui usage de vrai : le traitement pas le mépris.

Du moins j’essaie.

15 avril « Aujourd’hui je ne sais pas »

– où je vais
– quoi penser
– quoi écrire
– comment je vais réussir à me lever demain matin
– comment je vais terminer le boulot à faire
– ce que je vais faire de mes vacances
– et qui suis-je et dans quel état j’ère, bien entendu (je ne pouvais pas la rater)

14 avril « Aujourd’hui sacs »

Aujourd’hui, sacs d’épuisement sous les yeux accrochés.

13 avril « Aujourd’hui une pièce particulière »

 

Aujourd’hui cette pièce de mon puzzle au 3 dimensions (conscience, inconscience, insouciance) s’est déboitée pour changer de place et se trouver mieux ailleurs.

12 avril « Aujourd’hui ils vont bien ensemble »

Cette prof doc et ce CDI.
Cette robe et cette agent.
Ce temps et l’atmosphère générale.
Mon mec et sa pizza.
Ce même mec et sa guitare.
Ces mains et ce clavier.
Ce carnet et ce stylo.
Cette fille et cet exercice.

11 avril « Aujourd’hui moment professionnel »

Ce mercredi fût chômé. Cheval, neurologue, beaucoup de tweets, une librairie, des livres, une douche longue comme un CA de présentation du budget, un ami à dîner, des tas de mails, mais strictement aucun moment professionnel. Même pas la correction des copies pour les élèves que j’ai demain à 8h, oubliées au CDI. Oups.

10 avril « Aujourd’hui tout ce qui brille »

 

Aujourd’hui tout ce qui brille ce sont les signaux d’urgence de mon tableau de bord personnel. « L’urgent est fait, l’impossible est en cours, pour les miracles attendre 24 heures ». Ce qui brille c’est ma colère contre des choses qui bouffent du temps et qui pourtant ne sont pas fondamentalement importante. Tout ce qui brille c’est cette alarme qui signale que ça ne peut pas rester comme ça. Que c’était ce qui allait mais que ça n’ira peut-être plus. Tout ce qui brille ce sont des alertes. C’est beau, ces couleurs.

9 avril « Aujourd’hui conte le mur »

Aujourd’hui je pousse contre les murs de ma conscience calfeutrée avec l’aide de quelques inconnus si familiers, je m’appuie, j’encontre, je cogne et je fissure. Aller encore contre le mur.

8 avril « Aujourd’hui itinéraire »

Aujourd’hui, il me semble avoir pris une route mais je ne sais pas encore où elle va ni par où elle passe. Je n’ai aucune idée de l’itinéraire que j’ai emprunté. Je sais juste que je suis dessus… Et c’est déjà beaucoup.

Commentaires

lundi 16 avril 2012 20:00 lullaby

Je confirme. S’engager sur une route, c’est choisir, c’est agir, c’est avancer, et ça fait toujours du bien.

2 rcredi 18 avril 2012 19:17Lizly

Le cheminement sur la route, par contre, c’est pas toujours un parcours de santé…

7 avril « Aujourd’hui laisser passer les petits papiers »

Laisser passer les petits billets. Ces mots numériques qui ont remplacés nos indiscrétions d’écoliers. J’ai parfois l’impression qu’on tweete comme on faisait passer une boulette à son voisin de table. La salle de classe a disparu, reste le tableau d’affichage. Laisser passer les petits billets. Aujourd’hui, il y en a pour lesquels je n’ai pas pu. Alors comme je le faisais, élève, avec un stylo et une feuille propre, j’ai écrit une lettre comme on appelait jadis les mails. Et j’ai passé à ma voisine. Et j’attends. En laissant passer d’autres billets.

6 avril « Aujourd’hui temps qu’il fait »

Pour un mois d’avril, les giboulées de mars sont relativement clémentes, n’est-il pas ?

5 avril « Aujourd’hui un mot que j’ai écrit »

Merci.

3 avril « Aujourd’hui ce que l’on porte »

 

On porte…
… des vêtements soit un peu trop, soit un peu pas assez, mais rarement juste ce qu’il faut
… des projets, des idées, des envies, des ambitions
… des frustrations, des déceptions, des désillusions, le sens des réalités
… sa personnalité, son identité, son caractère, soi

Commentaires

1lundi 16 avril 2012 20:03 lullaby

J’aime beaucoup ta réponse. A froid comme ça, je n’ai pensé qu’aux vêtements, bien-sûr, on ne se refait pas ! Mais pourquoi pas une réponse plus personnelle : quels projets, quelle ambition, quelles déceptions, quelle identité, portes-tu ?

2 mercredi 18 avril 2012 19:14Lizly

Certains jours, l’intitulé ne m’inspire absolument pas mais il faut bien que je trouve quelque chose à écrire dessus alors je cherche d’autres interprétations possibles.
Pourquoi pas une réponse plus personnelle ? Parce que ce serait trop long, que ça ne répondrait plus à l’exercice et parce qu’au moment où j’ai écrit ça, c’était tout ce que j’avais à dire. Sans doute.

3 jeudi 3 mai 2012 11:08 lullaby

Je me demande si je ne vais pas arrêter de te lire pour garder la découverte totale du thème quand je devrai m’y coller…
Comme l’idée m’enchante guère, je me demande si je ne vais pas tout simplement prendre le train en route, puisque c’est possible…

4 jeudi 3 mai 2012 11:26 Lizly

@lullaby : Il n’est écrit nul part qu’on doit commencer au 1er janvier. Tiens, si tu veux les consignes et les « aujourd’hui », tu les as là :http://366reelsapriserapide.nursit.com/IMG/pdf/les_365.pdf

n

2 avril « Aujourd’hui signature »

Aujourd’hui, j’ai paraphé :
– un compte-rendu taper à la va-vite
– une liste pour signifier que j’ai retiré mon ODJ du CA
– un chèque, il me semble
– un post-it d’anniversaire
– des messages que j’ai fait transporter par mes petits courriers non-ailés.

1 avril « Aujourd’hui un pur mensonge »

Un mensonge, pour être efficace, se doit de reposer en partie, même infime, sur la réalité. Un pur mensonge ne tient jamais. Il s’effrite. Il se cogne à ce qui ne colle pas. Un pur mensonge. Non, jamais. Je sais trop bien mentir pour me lancer là-dedans.

31 mars « Aujourd’hui le monde est petit »

Aujourd’hui le monde mesure 54 au 56 m², quelque chose comme ça. Le monde fait la taille de notre appartement que je n’ai pas quitté. Le monde est petit et il est encore trop plein à mon goût. C’était une journée pour un petit monde clôt.

30 mars « Aujourd’hui je pourrais écrire sur ma tête »

Les cheveux noués, chute de nuque et front dégagés, je pourrais écrire sur ma tête un bien banal « bonne poire ». Celle qui est trop gentille pour punir, trop malle pour refuser un stage, trop malléable pour imposer son projet.
En vérité, je suis trop flemmarde pour courir après mes punitions et les corriger, trop intéressée par le sujet pour refuser le stage par principe, trop peu impliquée pour insister sur un projet qui ne m’appartient pas.

29 mars « Aujourd’hui ça change tout le temps »

Ça change tout le temps :
– mon sentiment vis-à-vis de ma presque aide doc
– des détails sur mon nouveau blog
– l’attitude d’une classe
– les choses qui me stressent
– les gens

Ça ne change jamais :
– Le Prince des Quenouilles
– La gratitude vis-à-vis de ces élèves
– Ma propension à être surprise
– Les personnes fiables
– Les gens

28 mars « Aujourd’hui action éclair »

Rien. Je n’ai rien fait vite aujourd’hui. Au contraire, j’ai pris tout mon temps. Parce que dans la précipitation, rien ne serait sortie de bon. Parce que je suis un peu lancinante. Parce que les beaux jours s’installent et que ça ne prête pas à la précipitation. Non, aucune action éclair. Même pas l’écriture de ces lignes soignée et savourée.

26 mars 2012 « Aujourd’hui j’éviterai de dire que… »

Aujourd’hui j’éviterai de dire que ça va parce que je ne suis pas sûre que ça aille. Que ça ne va pas parce que je ne suis pas sûre que ça n’aille pas. Que je n’ai pas confiance dans l’advenir de ces choses là parce que ce n’est vrai que par bouffées. Et tout l’inverse. Aujourd’hui j’éviterai de dire que c’est gagné mais ça n’est pas perdu.

25 mars « Aujourd’hui un air en tête »

Bassement terre à terre : « Battez Vous » de Brigitte qui ne me lâche pas depuis plusieurs jours, notamment avec son intro de basse. Métaphoriquement parlant : un air de prise en main, d’atteinte douce de choses auxquelles j’ai aspiré il y a longtemps dans ce qui semble être une autre vie. Peut-être que sans le savoir j’aspirais à changer de vie. Moi qui croyais avoir eu envie d’être quelqu’un d’autre, voilà que je ne me déplais pas à être moi.

24 mars « Aujourd’hui Super Héros »

Aujourd’hui mon super héros s’appelle Sacrip’Anne. Elle fait pizzaïolo et hotline à la fois, avec des enfants et de l’humour. Elle est un peu magicienne.

23 mars « Aujourd’hui toucher »

« Madame ! Vous êtes trooooop belle ! »

Touchée.

22 mars 2012 « aujourd’hui le bien le mal »

Aujourd’hui Toulouse explose à cause d’un homme, des vies ont été secouées, une a été perdue. Est-ce bien ou mal qu’il soit mort ? Qu’il ait été tué ? Coupable sans procès. Peut-être martyre. Bien ou mal la surmédiatisation ? Mal la récupération politique. Et mal, mal ces mots à la cantine. « Et ça se prétend Français ! » Et ça se prétend enseignant ?

MERCREDI 28 MARS 2012

21 mars « Aujourd’hui ce qu’il en restera dans un an »

Il en restera l’odeur universelle. Il en restera le souvenir d’un hématome minuscule. Il en restera l’écho du sourire ridé de la Passagineta. Il en restera des livres sur des rayonnages, moins neufs. Il en restera des archives numériques. Il en restera quelques mots dans un carnet.

20 mars « Aujourd’hui au pied du lit »

Aujourd’hui au pied du lit traine le plaid écarté ensommeillée pour répondre à l’exercice de plume. Au pied du lit le rappel à l’ordre de la contrainte que j’ai moi-même choisie de m’imposer.

19 mars « Aujourd’hui en toc »

Aujourd’hui, prof en toc autour d’une table assemblées pour conciliabule largement surestimé, grand-messe classe après classe pendant quinze jours, celui-ci au milieu des autres. On distribue les avertissements et les blâmes, les tableaux d’honneur et les félicitations, on encourage, on sanctionne, on remballe et on rentre chez nous. Et dire qu’élève j’accordais une valeur quasi mystique à tout cela.

18 mars « Aujourd’hui un moment où j’ai regardé l’heure »

Snif Snif, Pfiuu Pfiuu, Snif Snif, Pfiuu Pfiuu. Je joue à « l’heure et la distance » pour pousser toujours plus loin mes foulées. Encore deux minutes pour arriver à 35. Encore quelques mètres pour boucler le tour. La montre en repère d’une part, les arbres, les pierres, le dénivelé de l’autre. Il est 15h39 quand je me dis que j’ai bien fait de ne pas me laisser tenter par celui qui ne voulait pas bouger de la maison. Quand je me dis que courir était exactement ce que mon corps demandait. Il était 15h39 quand j’ai réalisé qu’il m’avait fallu toute ma vie pour commencer à apprendre à m’écouter.

17 mars « Aujourd’hui fallait pas que »

 

Aujourd’hui, fallait pas qu’on me demande comment j’ai dormi pour ne pas me rappeler comment j’ai été réveillée. Fallait pas me parler de WordPress, ça ne soigne pas mon envie d’essayer Dotclear. Fallait pas imaginer qu’on ferait vingt minutes de queue pour un mauvais panini, on a été au restaurant. Fallait pas me dire que des cygnes qui nagent sur la mer ça n’existe pas, ça n’existe pas, parce que j’ai la preuve en photo dans mon téléphone maintenant. Fallait pas que j’essaie de faire quelque chose de mes cheveux. D’ailleurs j’ai renoncé. Fallait pas me tenter. J’ai pas résisté. Fallait pas que j’essaie de faire fonctionner l’imprimante, elle m’a contrariée. Fallait pas supposer que je puisse rester enfermée. Fallait pas attendre à ce que je m’étende.

Commentaires

1lundi 16 avril 2012 20:16 lullaby

… et, et… C’est tout ? Où sont les premiers ?
Ta prose m’a bien plu et une chose est presque sûre : l’an prochain, je m’y colle avec toi !
(par contre, je me permets : y a une faute de frappe qui pique les yeux en haut à droite, dans le carré vert : « acceuil » au lieu d' »accueil », je sais que c’est pas une faute puisque tu l’as bien écrit dans le menu de gauche, alors pleaaaaaase, corrige-moi cette horreur ! :D)

2 mercredi 18 avril 2012 19:22Lizly

Le premier, c’est celui-ci. Il n’est nul part spécifié qu’on doit commencer le premier janvier. J’ai décidé de me coller à l’exercice pendant une année entière… sans faute. C’est-à-dire que je remets le décompte à zéro chaque fois que je rate un jour. Comme j’ai déjà oublié des jours, ce blog vivra plus d’un an.

3 jeudi 3 mai 2012 11:05 lullaby

En voila une bonne nouvelle !

 

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