Ce blog n’en est pas un.

C’est un espace d’archives, celui de 4 blogs que j’ai tenu pendant un temps sous dotclear. Suite à des problèmes d’hébergement, j’ai temporairement transféré les fichiers ici. Les photos n’ont pas suivi, beaucoup de lien ont sauté, mais j’ai la trace que je voulais : mes textes, les commentaires.

Deux de ces blogs étaient mes blogs courant. On en retrouve les deux à-propos. Ils se sont suivi dans le temps, s’intitulaient tous les deux « Lizly 3 zéro – Troisième vie, reste six ». Les deux autres blogs étaient liées à des projets d’écriture que j’ai mené. On en retrouve l’intégralité dans un seul article chaque fois, en catégories « Un tour d’an » et « Réels à prise rapide ».

Pour lire mes tribulations actuelles: http://aslizlyjabbers.wordpress.com

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Take a walk on the wild side

Mon oncle est mort.

A un âge où on ne devrait plus avoir le droit de mourir de nos jours. D’un truc qu’on devrait savoir soigner aussi.

Mon oncle est mort.

Et ma cousine nous a fait écouter Lou Reed à son enterrement.

Ma cousine et son ventre rond de cinq mois.

Mon oncle est mort.

Je ne le voyais pas souvent. Toujours lors de grandes réunions de famille. On ne parlait pas forcément beaucoup. Mais il était l’une de ses roches qu’on escalade pour grandir et devenir adulte, aussi laid le mot soit-il.

Mon oncle est mort.

Et j’ai des tas de souvenirs de lui. Plus que je ne croyais.

Mon oncle est mort et je ne vais pas bien.

Normal ?

Je n’en sais rien.

Aujourd’hui, j’ai fait 500 km et mon poids en eau s’est répandu par mes yeux. J’ai souris, aussi. J’ai serré des gens dans mes bras, j’ai serré des mains entre mes doigts. J’ai frotté des dos. J’ai caressé un ventre.

Aujourd’hui, pendant la cérémonie, j’étais assise à côté des miens, mon noyau familiale à moi, mon rameau de figuier ou du moins une partie. Et pendant que je devenais liquide, ils sont restés secs. Sur la route de l’aller comme sur celle du retour, des mots de fatigues, de lassitudes. Un peu d’inquiétude (froide ?) pour ceux qui restent. Pour ma tante ravagée. Pour ma cousine. Alors que j’aurais eu besoin d’un bras, d’une épaule, d’une manche à tremper, je n’ai même pas osé tendre une main. Et quand enfin ma mère a vu quelque chose, alors que je poussais dans ses retranchements l’ultime kleenex qui me restait, j’ai eu une brève embrassade et un « Allez, il faut sortir ».

Aujourd’hui, la chaleur dont j’avais besoin, celle dont j’ai encore besoin, couvait dans ma poche, derrière l’écran de mon smartphone. Les tweets, les DM, les mails et même un texto. Mes amies du net. Celles que je ne connais pas toutes IRL.

Je suis… décontenancée. Cette sphère numérique réputée pour sa diligence, son inconstance, sa frénésie, son inadaptation sociale (poke Shaya), sa versatilité… Cette sphère tant critiquée par qui la méconnait. C’est cette sphère, ce sont ces personnes, qui depuis vendredi, à la nouvelle de cette mort, me soutiennent. Quelques mots, un thé virtuel, des foultitudes de câlins, de bisous, de <3, mais aussi des liens (hypertexte), de l’humour macabre et des paroles de chansons.

Mon oncle est mort, je ne vais pas bien et j’en ai le droit.

Mon oncle est mort et il va encore me falloir quelque temps pour apprendre à vivre avec ça. Ou plutôt sans.

Mon oncle est mort et je ne comprends pas que je me sente comme obligée de faire valoir mon droit à des heures sombres.

Notes de bas de page :

– A toutes celles qui me portent et me supportent depuis ces derniers jours : je vous aime. Flo, NommerAimeretc, Dame Ambre, Anna Musarde, Sushiesan, Sacrip’Anne, Lunereveuse, Snana et j’en oublie.

– Mon oncle, qu’on n’a jamais appelé tonton, pour ce coup de théâtre, je ne te félicite pas. Pour tout ce que je ne t’ai pas dis, pas connu, c’est trop tard. Pour tout ce que tu as planté en mois de (mauvaises) graines, je te remercie. Et pour les Disney de Noël aussi.

20 réactions

  • 1De Shaya – 04/02/2014, 20:25

    ❤ ❤ ❤

  • 2De Sacrip’Anne – 04/02/2014, 20:31

    on fait dans le lacrymal aujourd’hui, dans des registres différents ;-)

  • 3De Dame Ambre – 04/02/2014, 20:56

    J’ai une vie sociale bien plus riche via le net :-D

    Nous ne choisissons pas, ici en tout cas, notre famille.. les amis par contre nous avons une grande amplitude ; cela n’enlève rien à la douleur, ni à la solitude ressentie, mais cela permet de palier aux manquements familiaux quand c’est possibles..
    Bisous doux

  • 4De Anna – 04/02/2014, 21:38

    Câlins par paquets de douze. Au moins. :-)

  • 5De La bouseuse – 04/02/2014, 21:54

    Je t’aime. Plein.
    (Humour macabre et grands sentiments, oué.)
  • 6De sushiesan – 05/02/2014, 06:53

    Je t’aime aussi !!! Courage ma belle ! Pluie de coeurs sur toi !!!

  • 7De Floh – 05/02/2014, 07:53

    Oh non, je ne le mérite pas moi qui découvre le truc juste hier, j’ai été bien absente tout le week-end et j’en ai bien honte! Je vais finir par te demander ton numéro, je serai ainsi sûre d’être plus réactive 😉
    Et pour le reste…..Je crois que Dame Ambre a très, très, TRES précisément exprimé ce que je ressens, je n’ai donc rien à rajouter, si ce n’est à la remercier pour cela 🙂
  • 8De Obni – 05/02/2014, 08:07

    Courage. Je t’envoie des ondes positives… C’est très difficile ces moments là… Nos mots sont ici bien peu de choses mais ils sont sincères.

  • 9De Lizly – 05/02/2014, 10:55

    @tous : Ben voilà, avalanche de commentaires à peine j’ai posté ça. Vous illustrez on ne peut mieux mon propos.

    @Shaya : ❤
    @Sacrip’Anne : Oui ! Avec tout ce que j’ai pleuré hier, je suis bien contente de ne pas avoir EN PLUS des hormones qui s’en mêlent :-O Hihi
    @Dame Ambre : Cela n’enlève rien mais ça remplit beaucoup l’autre plateau de la balance.
    @Anna : Tout autant ❤ A minima.
    @La bouseuse : Un cocktail parfait. Surtout assaisonné de Tim Burton !
    @sushiesan : ❤
    @Floh : Mais siiiii, tu mérites !!! Arrête de déprécier ce que tu fais pour les autres. Vendredi, tu n’as pas lu, mais hier, tu étais là (un peu partout et toute la journée). Et est-ce qu’il faut que je te renvoie toutes mes archives de mail pour te montrer combien de fois tu es là ? C’est moi qui devrais avoir honte de ne pas te rendre le tiers de ce que tu me donnes !
    @Obni : Les mots peuvent beaucoup, surtout avec sincérité. J’ai pensé à toi hier parce que la cérémonie se passait pas loin de chez toi. Tu ne l’as sans doute pas vu, mais j’ai fait signe en passant. :-)

  • 10De lullaby – 05/02/2014, 19:42

    Décidément, quand ça veut pas…
    Je t’ai laissé un petit mot ici hier, mais apparemment j’ai fait une mauvaise manip…
    Je te disais que j’avais vu passer ton statut facebook et que je n’avais pas osé commenter, mais que j’étais venue fureter ici chaque jour pour voir si tu avais fait un article, et puis je te disais aussi que maintenant que j’apprenais comment tu avais dû vivre cette épreuve, je regrettais de m’être tue… Et je te disais enfin que je te souhaitais de traverser ce deuil le moins seule possible. Et plein de bisous à toi…
  • 11De Rock and Tea – 05/02/2014, 20:41

    Comme tes mots résonnent trop bien pour moi… J’ai vécu la même chose cet été. Cette avalanche de souvenirs qui se rappellent à nous, ces souvenirs qu’on n’a pas pris le temps de pointer le bout de leur nez quand il était encore là… POURQUOI ?

    En tout cas, bon courage.
    Le vide est là.
    On apprend juste à essayer de le combler.

  • 12De Lizly – 06/02/2014, 19:03

    @lullaby : Merci ma jolie. (Tu t’es faites croquer par Jack ? (pour le commentaire égaré))
    @Rock and Tea : The show must go on…
  • 13De lullaby – 06/02/2014, 19:50

    Oui, c’est bien possible. Et aussi, j’ai écrit depuis blackberry et dieu sait que blackberry peut être un mystère parfois…
    Bref, gros bisous encore (et je réfléchis toujours à ton défi hein, je t’ai pas oubliée !)
  • 14De Obni – 08/02/2014, 11:24

    Juste pour te dire que j’ai essayé de t’envoyé un message à partir de la page contact de ce blog et on m’a indiqué qu’il avait eu la tête tranchée… Peut-être est-il avec un statut de spam…

  • 15De Lizly – 09/02/2014, 10:53

    @lullaby : J’espère bien que tu n’as pas oublié le défi, tiens ! ;-)
    @Obni : S’il a eu la tête tranchée c’est qu’il y a eu une erreur. Aucune trace dans les spams. c’est un scandale, je veux mon message ! Je vais essayer de trouver ce qui bugue avec le formulaire. (Sinon, en attendant lizlyatymail.com ça marche, normalement :-D )
  • 16De Obni – 09/02/2014, 11:37

    Visiblement je n’arrive pas à expédier un message à partir de la page de contact. J’envoie un mail.

  • 17De Lizly – 09/02/2014, 18:26

    @Obni : Grrrr. Pourtant, j’ai enlevé l’antispam et j’ai fait plusieurs test et d’ici, tout fonctionne.

  • 18De Obni – 10/02/2014, 11:23

    Allez dernier test…

  • 19De Obni – 10/02/2014, 11:25

    Cette fois-ci le message est bien parti.

  • 20De Lizly – 10/02/2014, 17:50

    @Obni : \o/

Mal dit

Voilà.

Les décorations éclosent partout, un 12 suit le / et le champ lexical mousse en blanc et or. Noël approche. Et je commence à m’enfoncer.

Il y a deux ans, j’avais écrit une série de billets expliquant comment j’évais rompu, lentement, insidieusement, avec Noël. Pendant ma grossesse, je me suis prise à imaginer que ça pourrait changer. Que le bébé à venir ferait valdinguer mes apréhensions, que sa présence étalerait une couche de bonheur simple sur les souvenirs peu folichons. Que ce serait l’occasion de tout faire pêter pour revenir à quelque chose de plus… de moins… Je ne sais pas exactement. Quelque chose qui nous, non, qui me, à moi, ferait envie.

Parce que je comprends bien que le fond de tout ça, c’est que cette organisation de Fêtes qui ne convient finalement à personne dans nos familles leur convient tout de même un petit peu. Alors que moi, j’ai la sensation de n’utiliser ma maîgre marge de manoeuvre qu’à faire en sorte que ce ne soit pas trop pire. Mon défis des Fêtes qui s’annoncent, c’est ne pas passer de trop mauvais moments.

Les problématiques qui me tiennent à coeur et viennent chercher au fond de moi l’enfant que j’étais ayant le sens du timing, juste avant les Fêtes arrive l’anniversaire de Peanuts.

Ça y est.

Un an.

Wah…

Mes anniversaires, c’est encore un truc qu’on a merdé dans ma famille. Enfant de juillet, pendant des années, on était, mon frère et moi, en vacances avec une tante et ma grand-mère maternelle. Petite, ma tante se débrouillait pour faire quelques choses de pas mal, je crois, sur nos lieux de vacances. Je me souviens d’un clown effrayant ou alors je ne m’en souviens pas mais on me l’a tellement raconté. On était dans des hôtels, des centres de vacances, elle obtenait un gâteau, un peu d’animation. J’avais un ou deux cadeaux. Puis les autres, ceux de mes parents et de la famille paternel, je les avais en août. Le jour où on fêtait les anniversaires conjoints de mon père et mon frère qui tombent à rien de jours l’un de l’autre en fin de mois. Puis avec ma tante, on est parti autrement, ailleurs, et préparer quelque chose pour moi était un peu une corvée je pense. Il y avait un gâteau que je non-choisissais (« Tu veux quoi ? Un mille-feuille ? C’est lourd, ça, et il fait chaud, tu veux pas un fraisier plutôt ? Si ? Très bien. J’ai pris un framboisier à la place, c’était plus simple et c’est pareil »).

Avec le recul, je trouve ça très fort de la part de mes parents : ils ont réussi à se convaincre qu’ils fêtaient nos anniversaires en les non-fêtant chaque année. Parce qu’au final, le mien, on ne le mentionnait pas vraiment en août et celui de mon frère n’était pas totalement le sien puisqu’il y avait mon père et que j’avais mes cadeaux aussi.

On a grandit et mes anniversaires, ça ne s’est jamais arrangé. Je sais pourquoi. Et ça ne se réglera pas. Je vous raconterais si vous voulez.

Parmi ce dont j’ai envie, vraiment, ce que je veux profondément pour mon enfant, il y a bon nombre de choses parmi lesquels des anniversaires qui lui appartiennent et soit un moment à lui qu’on célèbre ensemble et des Fêtes de Noël qu’il attende avec envie et impatience, avec un peu de magie.

Et voilà que le premier anniversaire et le second Noël arrivent et que je sens déjà que tout cela m’échappe. La famille. Cette putain de famille et la pression qui l’accompagne. Les devoirs et les obligations. Et les habitudes qu’on habille par le nom de traditions pour que ça sonne pas trop mal quand on dit qu’on ne veut surtout que rien ne bouge.

Il me reste une semaine pour sauver l’anniversaire de mon fils. Pas tant pour lui maintenant parce qu’il n’aura qu’un an et qu’il n’en gardera comme souvenirs que des photos et ce qu’on voudra lui en raconter. Mais pour lui plus tard, pour ceux à venir. Et pour moi. Tout à fait égoïstement pour moi. Parce que j’ai besoin, pour être la mère de Peanuts, de sauver mes Noëls en sauvant les siens. De sauver ses anniversaires parce que pour les miens c’est trop tard.

Et je dois aussi le protéger de ça. De mon besoin de réparer à travers lui.

Et tout ça sans arriver à me faire vraiment comprendre.

J’envie les décembre des gens qui arrivent à les rendre heureux. Parce qu’au final, c’est le mois de l’année où je me sens le plus seule…

Note de bas de page :

J’ai jeter ces mots, je n’ai pas le temps de les relire, ni celui de les travailler. Je les publie, fautes et mal dit inclus.

 

4 réactions

  • 1De Dame Ambre – 05/12/2015, 14:47

    Je partage les mêmes anniversaires et noël cauchemardesques, pour des raisons différentes et similaires. Je travaille à ce que Prince ai son propre anniversaire et pour l’instant, distance kilométrique familiale oblige, nous réussissons (il est au milieu de 3 autres anniversaires, dont celui de LeChat…). Ça ne me répare pas, je n’ai pas l’impression de tenter de me réparer non plus, juste je fais en sorte de ne pas foirer les siens.
    Pour noël, notre impératif est de le fêter de la manière que les enfants le souhaitent chez nous, on a compris l’importance d’un certain rituel (exprimé par Prince), qui est refusé chez mes beaux-parents alors nous le faisons chez nous. Ça a permis à mon grand d’en aimer la magie, et je compte que cela continue ainsi.
    Là encore, cela ne répare rien, noël me panique et celui qui arrive est pire que tous les autres (de ma vie d’adulte).La seule chose à faire… ? Que leurs noëls et anniversaires soient de beaux souvenirs. Pour nous, je crois que c’est juste foiré (et je suis désolée de ce message très pessimiste qui risque de peu t’aider 😦 ). J’ai peur de ce noël-ci, et je suis du coup bien sombre…

  • 2De Anna – 06/12/2015, 16:26

    J’espère de tout mon cœur que ça se passera bien pour toi, pour lui, pour vous tous. Et je t’embrasse.

  • 3De Floh – 07/12/2015, 10:43

    Alors, je voulais te répondre sur twitter mais vu que je n’y ai plus trop accès c’est plus compliqué, mais tu sais, le 1er anniversaire de ma fille a été un foirage monumental!! C’est l’année où j’ai pris conscience que ça allait être ultra compliqué de la fêter comme je le voudrais parce qu’elle est en plein mois de Juillet, et qu’il faudrait faire des concessions…
    Je n’ai pas toute ta problématique de Noël et des anniversaires, je pars donc d’une base plus « saine » mais je sais que c’est compliqué et qu’il faut arriver à faire entendre sa voix.
    Je ne sais pas comment est ton homme à ce sujet, mais c’est une décision entre toi et lui, et si vous arrivez à parler de concert, à faire entendre ce que vous voulez (puis plus tard votre fils, il est un peu petit pour l’instant), même si ce ne sera pas forcément simple avec la famille, l’important sera posé….
    Oui le premier anniversaire est symbolique, on veut en faire quelque chose de joli mais promis, on peut se rattraper les années suivantes, en tâtonnant….
    Je t’embrasse et je vous souhaite un doux mois de Décembre, je veux y croire pour vous…
  • 4De Lizly – 09/12/2015, 11:16

    @Dame Ambre : Je n’ambitionne pas de corriger quoi que ce soit me concernant. Je me suis mal exprimée, mon billet porte bien son titre ! Toi, tu dis mieux. Et ton est tout à fait d’accord.

    @Anna Musarde : Rendez-vous dans quelques semaines pour vous dire ce qu’il en est ! Je souhaite que toi et les tiens passiez de superbes Fêtes.

    @Floh : Je sais que ce premier anniversaire n’aura rien d’irrémédiable pour Peanuts. Mon « épée de Damoclès », c’est cette inertie dans nos deux familles quand il faut changer des choses. J’appréhende qu’on exige de nous que les choses se passent de la même manière année après année…
    L’Homme est bien l’Homme : plus j’anticipe, moins il voit loin. On a réussi à faire en sorte que les choses se passent chez nous, déjà, contre la tendance familiale qui voulait qu’on aille chez ma belle-mère qui a place. Je ne voulais pas la placer en organisatrice, surtout pas.
    Pour Noël, l’Homme ne dit trop rien si ce n’est qu’il comprend mes envies (partir 3 jours, fêter Noël juste nous trois) mais qu’on sait bien tous les deux que c’est impossible…
    J’ai envie de croire que Peanuts fera que j’aimerais un peu Noël un jour. Je ne sais pas si ça se produira mais je veux travailler à ne pas gâcher l’enthousiasme qu’il pourra avoir (comme ma mère l’a fait, finalement). Mais pour cela, j’ai le temps : il ne se rend compte de rien cette année si ce n’est qu’il y a des lumières qui clignotent partout et que ça lui plait bien 🙂

Mes réseaux humains

Samedi matin, j’ai été réveillé par Peanuts appelant au biberon. Il était 7 heures et il ne s’était pas réveillé dans la nuit pour la première fois depuis des semaines. J’ai tiré la porte de la chambre derrière moi pour laisser Celuiquej’aime prolonger une peu sa nuit, j’ai amené Peanuts dans la cuisine, on a compté jusqu’à 8 les doses de lait, on a rigolé en sautillant pour secouer le biberon, on s’est fait un câlin pendant qu’il mangeait. Puis on s’est installé dans sa chambre pour jouer un peu. Il a sorti des duplos et a bidouillé tout seul. Alors j’ai pris mon téléphone pour prendre des nouvelles du monde.

Et le monde s’était rompu.

J’ai remonté la nuit à rebours. J’ai vu des chiffres, des noms, des visages. J’ai reçu autant de coups. Mais j’étais dans la chambre de mon fils, j’étais seule avec lui, et il réclamait à monter sur mes genoux, alors je n’ai pas pleuré. Je lui ai dit « Il s’est passé quelque chose de grave à Paris qui me fait beaucoup de peine ». Il a dit « dadadadada » et m’a tendu le pingouin pour que je déclenche la boite musicale qu’il cache.

Je n’ai pas voulu réveiller Celuiquej’aime avant d’avoir mis un peu d’ordre dans les éléments éparses que Twitter me livrait. Le temps d’allumer l’ordinateur, il était levé. J’essayais de rester factuelle, ne pas être submergée, que Peanuts ne prenne pas un trop plein d’émotions qu’il ne comprendrait pas dans la tronche. « C’était à prévoir ». Il a appelé son père. Je suis restée devant l’ordinateur. J’ai envoyé des messages aux parisiens que je connais et qui ne s’étaient pas manifesté. Puis j’ai appelé mon père. Celuiquej’aime et le sien étaient lancé dans du pinaillage politique. Mon paternel, égal à lui même, ne s’est montré ni ému, ni inquiet. Il était déjà dans l’analyse. Deux heures plus tard, ma mère m’envoyait un mail concernant les cadeaux d’anniversaire de Peanuts.

Je n’ai pas voulu allumer la télévision tant que Peanuts était réveillé. Lui, il était plein d’énergie, comme à son habitude. Il voulait jouer, rire, manger, s’agiter, vider le placard, encore, pousser le tabouret puis la table, puis monter sur nos genoux, en descendre, y revenir, et avoir nos bras mais qu’on marche, puis jeter des choses et qu’on les ramasse pour qu’il les jette encore, puis dormir un peu mais pas longtemps et se réveiller, et grimper sur l’aspirateur, fouiller le panier de la poussette, faire tomber la boite à courrier, grimper dans la console où elle est rangée, et…

Il fallait passer à la pharmacie pour lui. Et faire le ménage. Et surveiller cet érythème. Puis sortir, aussi. Au parc, une fillette fêtait ses neuf ans. Une mère menaçait sa fille « Si tu te pètes un genoux parce que tu mets pas les protections que j’ai achetées, je te pète le deuxième ! » Une petite fille a voulu savoir comment s’appelait Peanuts. Lui, il voulait jouer avec la moto d’un petit garçon qui n’était pas d’humeur à la prêter. Une gamine habillée en princesse l’a attrapé sans rien dire, l’a calé entre ses genoux et a descendu le tobogan avec lui, mort de rire.

Avec l’Homme, on n’a parlé que de faits, on a analysé, on a supputé. Au retour de balade, il a dû ressortir faire des courses. J’ai voulu taper un post, je me suis énervée contre Peanuts, j’ai fini par lui crier dessus, fort, et dire des choses qu’il ne fallait pas. Puis je me suis calmée, on a joué dans son bain, il a mangé, s’est endormi.

Un quart d’heure plus tard, des sanglots me prenaient devant BFM télé. Celuiquej’aime a géré ça comme un manche. ça arrive. J’ai arrêté de pleurer. On a mangé. On s’est couché. Et le lendemain, on a été mangé chez ma belle-mère qui a été égale à elle-même.

J’ai essayé de préparer comme j’ai pu la journée du lendemain. Les élèves, comment s’y prendre, quoi leur dire. En janvier, pour Charlie, j’étais en congés. J’ai récolté des ressources, j’ai stressé, j’ai lu les consignes de ma Chef d’établissement, les docs du Ministère, j’ai stressé.

Au moment de me coucher, j’ai fait une crise. L’Homme s’était endormi. Peanuts a pleuré. Je suis allé lui rendre sa tétine. Je me suis recouchée. J’ai attendu et fini de trembler. J’ai sombré.

Lundi, on est resté très factuel. Quelle prise en charge, à quelle heure, avec qui. Le groupe que j’avais à 8h n’a pas voulu parler des évènements et m’a demandé « un cours normal, Madame ». Je ne m’attendais pas à ça. J’ai fait un cours normal. L’heure suivante, j’ai imprimé des dessins et des ressources. J’ai fait un affichage (on m’a refusé le mur d’expression libre) tout en faisant de la discipline parce qu’il y avait beaucoup de bruits. Des tas de conversations. Aucune autour des attentats. Dans la journée, seul deux élèves m’en ont parlé. J’ai participé à la minute de silence en surveillant un rang d’élève, sans pouvoir me recueillir. Nos moineaux ont applaudit puis se sont éparpillé, c’était l’heure de manger. La pause déjeuner, seul moment de la journée que je partage avec mes collègues, a été dénuée de toute émotion. La même emmerdeuse que d’habitude a réussi à me prendre la tête. J’ai quitté la salle des profs.

Mardi, si ce n’est l’affichage du CDI, tout était rentré dans l’ordre.

Et j’en ai encore froid dans le dos.

Ces attentats, ces morts, ces blessés, ces vies détruites, ces abominations. Je suis encore dans la torpeur, l’effroi, l’indignation. J’en suis encore engourdie et les assauts de ce matin m’enfoncent dans cette atonie. Je ne comprends plus ce monde, arrêtez le, il est devenu fou. J’entends les discours et ce mot de guerre, je vois les drapeaux et les paroles de la Marseillaises, et je ne comprends pas. Je suis encore sonnée, je suis encore choquée, j’ai encore des larmes.

Et jamais je n’oublierai les visages. Qu’ils étaient beaux, ces gens. Qu’ils étaient jeunes. Qu’ils étaient la vie.

Et voilà plusieurs jours que je suis obligée de continuer sans avoir pu poser une rupture. Parce que mon fils, et c’est normal. Mais aussi parce que tous ces gens. Et à l’effroi de ces attentats s’ajoutent celui, bien moindre mais, de cette normalité dans mon quotidien.

Les réseaux sociaux ont plusieurs visages. Souvent, on y lit haine et bétise humaine. Très. Trop. Les miens, je les ai organisés pour m’en protéger. Twitter a été le fil rouge de mon week-end. Depuis que je l’ai ouvert samedi matin, j’ai eu un oeil sur ma TL le plus souvent possible. Bien plus qu’à l’ordinaire.

Et sur mon Twitter, j’ai lu l’Humain. J’ai lu les peurs, les colères, les hébétudes. J’ai lu les douleurs, les espoirs, les contrecoups. Je lis que tous ne sont pas en guerre, je lis les gens. Je lis que rien n’est derrière nous parce qu’on ne fait pas son deeil en une poignée de minutes, parce qu’il y aura pour toujours un après. Je lis aussi beaucoup d’amour, pas mal d’humour, et la vie qui continue mais qu’elle à le droit de rester bancale. Je lis qu’on n’oubliera jamais, pas une miette.

Alors dans quelques minutes, mon fils se réveillera de sa sieste. Je le serrerai dans mes bras, pas trop longtemps parce qu’il n’aime pas ça, et on mangera de la ratatouille et du cabillaud. Puis il videra le placard, encore, et on ira faire un tour. Mes larmes, elles ne sortiront pas devant lui car il n’a pas à les essuyer mais on verra bien si elles veulent couler ce soir ou pas. Et j’attendrai que la torpeur ce lève, j’accueillerai ce qui suivra puis je le tweeterai, sans doute. Parce que l’humain est là-bas.

Notes de bas de page :

– Ce billet est décousu car je veux y dire trop de choses et ne sais en même temps pas ce que j’ai besoin d’y mettre. Ne lui prêtez pas, s’il vous plait, de sous entendu, il n’en contient pas. Ne me psychanalysez pas non plus, hein.

– Frangin, si tu passes par là, merci pour tes messages samedi matin

4 réactions

  • 1De lullaby – 18/11/2015, 15:42

    Je pense que je comprends ce que tu décris. Ce décalage entre les émotions affichées sur les réseaux sociaux, les blogs, etc., et ce qu’on vit IRL. Sur la toile, on a l’impression que tout le monde est sonné, choqué, que beaucoup ont besoin d’en parler, et dans la vie, on croise surtout des gens qui continuent leur vie comme si rien ne s’était passé.
    Sûrement une trop grande pudeur pour dire ce qu’il est plus facile d’écrire.
    Sûrement la peur d’être ridicule. Un gars sur VDM racontait qu’après la minute de silence de lundi, il a entonné la Marseillaise et que personne ne l’a suivi. Il dit même dans les commentaires que certains ont ri.
    Et tu sais quoi ? Je pense aussi que c’est géographique. Les mêmes attentats sur notre place et ce ne sera déjà plus la même histoire. Culturellement géographique aussi, c’est maintenant connu que les gens de chez-nous sont des pisse-froid (y a qu’à voir les ambiances en concert…)
    Bref.
    Tu as joliment exprimé tout ça et ce parallèle entre ton petit et ce grand drame, je le comprends tellement.
    Beaucoup de force à toi, et à nous tous.
  • 2De Shaya – 18/11/2015, 17:01

    Je suis triste pour toi de n’avoir pas eu ce « temps de communion » si j’ose dire au delà du simple factuel. Vendredi j’étais sur Twitter quand j’ai vu les 1eres infos tomber et immédiatement je me suis enquise de ceux que j’aime qui vivent là bas (et qui avait décidé ce soir là de rester sur leur canapé par chance). J’ai pleuré plus tard dans la nuit incapable de dormir en voyant les informations s’enchaîner, j’ai pleuré le lendemain matin en expliquant les #PortesOuvertes et à quel point c’était beau mais je n’ai jamais pleuré seule. Et même si samedi après-midi on est allés se promener et que j’ai eu cette sensation de « tout est normal alors que dans ma tête rien n’est normal » samedi midi et samedi soir on a mangé tôt en se disant mutuellement qu’après avoir vu les infos on ne mangerait plus. Et ma soeur au téléphone m’a parlé de ça avec émotion, et mon père aussi. Alors j’espère que tu trouveras l’espace pour poser TON émotion, même si la vie doit continuer, même si Peanuts doit être évidemment préservé, il ne s’est pas rien passé et on a tous besoin de se dire et de s’entendre qu’on s’aime, qu’on se fait des câlins, que ce soit IRL ou sur Twitter. La preuve : je t’aime fort et je t’embrasse fort aussi.

  • 3De Lucie – 18/11/2015, 17:37

    Comme toi, ma mère et mon frère ont découvert l’événement le lendemain matin et on a pu constaté deux façons complètement différentes de réagir entre ceux qui ont vécu le truc en direct, et ceux qui ont découvert l’horreur le lendemain. Tout ça pour dire que je te sens étonnée de la place qu’à eu l’échange à ton travail, alors que finalement j’imagine que la plupart ne l’ont pas vécu de la même façon que toi d’où leur mutisme.
    plein de bisous et d’amour
  • 4De Lizly – 09/12/2015, 11:42

    J’avais répondu… Et mon commentaire a disparu, corps et bien. Je ne comprends pas comment c’est possible mais bon… Le truc c’est que j’ai pas eu le courage de re-répondre et que maintenant, ça fait tard. J’essaie quand même.

    @Lullaby : Ton commentaire prend encore plus de sens après la géographie des résultats électoraux. J’ai ressenti un écho de cette solitude froide, celle des jours suivants les attentats, en salle des profs lundi, quand je bouillais de ces pourcentages odieux. Je n’ai jamais autant parlé de quitter le coin que ces derniers temps…

    @Shaya : Je n’ai pas eu l’espace, je n’ai pas eu le temps. C’est encore là, un peu, en petit. Je crois que ça restera. Quelque part, c’est bien de se rendre compte qu’on ne peut pas surmonter certaines choses totalement.

    @Lucie : Nous avions l’injonction professionnelle d’intervenir auprès des élèves et de provoquer les discussions et les échanges. C’est sans doute à cause de ça.

Elle est là.

Dernière article : dimanche 13 septembre 2015.

C’est curieux, tiens, ça me dit quelque chose, 13 septembre. Rien dans le google agenda, non. Dans le bullet journal ? Non plus. Pourtant, 13 septembre, on avait retenu cette date…

Ah mais oui, 13 septembre, Peanuts a commencé à avoir le nez qui coule.

Depuis, ça ne coule plus. Enfin, plus tous les jours. Ça va, ça vient. Sa toux, celle qui a commencé la semaine suivante, elle aussi, elle va elle vient. Elle va la journée, elle revient la nuit.

Du coup, Peanuts dort mal. Donc on dort mal. 

Il se réveille. Plusieurs fois souvent, secoué par des quintes. Deux fois. Trois fois. Entre son coucher et son réveil, tôt. Il appelle, l’un de nous se lève, les deux ont été réveillés.

Il a vu le médecin. Il a eu un traitement. Maintenant, on attend que ça passe. Ça guerira avec l’arrivée du Printemps, plaisantent les parents autour de nous. Je commence à le croire pour de bon.

Tout ce que j’ai écrit sur cet enfant ici reste valable, surtout l’amour, mais je suis Fatiguée.

Parce que les journées dans lesquelles tout va bien sont fatigantes. Et qu’il y a toutes les autres. Ces autres dont on devrait récupérer pendant celles dans lesquelles tout va bien. Mais comme elles sont déjà fatigantes…

Je n’invente rien. Je suis juste une mère de jeune enfant. Et depuis un peu plus de dix mois, je ne crois pas m’être réveillée de moi-même plus d’une dizaine de fois. Réveillée autrement que par l’Enfant, par le réveil, par des soubresauts de mon organisme au bord de la crise, par le bruit dans la rue à des heures indues, par allez savoir quoi.

Et comme si mon corps ne voulait pas se rappeler qu’il en a été autrement, quand rien d’extérieur ne vient entacher la nuit, il trouve des prétextes à la fractionner. Une envie de pisser, un rêve qui dérange, une douleur fantôme qui ne se remanifestera jamais.

Ce corps, il y a une dizaine de mois, il terminait un long processus et mettait au monde tout un bébé en entier. Et tout le monde s’en fout. Moi même ? Moi, je l’oublie.

Ce corps, il n’affiche pas la Fatigue à sa hauteur. J’ai des cernes, oui, mais moins que je ne suis Fatiguée. Je suis palote, oui, mais moins que je ne suis Fatiguée. Mon dos ne tient pas droit, oui, mais moins…

Et je me suis saoulée moi-même de ce refrain alors j’arrête de répondre que je suis Fatiguée quand on me demande – vraiment – comment je vais. Parce que je suis lassée et parce que ce n’est pas comme si on pouvait y faire quelque chose. Il faut que Peanuts guérisse, il faut que Peanuts grandisse. Il faut que le temps passe, quoi.

Il se pourrait peut-être bien que reprendre le sport m’aide un peu.

Sauf que je n’ai même pas réussi à reprendre mon abonnement pour le théâtre.

Sauf que les cours d’occitan qui me tiennent à coeur, je n’en ai suivi qu’un seul depuis la rentrée.

Sauf que même mes rendez-vous chez le psy, j’en ai annulé deux depuis début septembre alors que même avec un Peanuts âgé de tout juste une semaine j’allais en consultation.

Sauf que je le dernier bastion que représente la lecture s’approche de menacer ruines.

Alors le sport, braves gens…

Et l’écriture dans tout cela ? Celle qui vide, qui allège, qui soulage. Celle qui parenthèse, qui satisfaction, qui pause, qui pose.

J’ai envie de dire que je manque de temps mais je me mens. J’ai su, bien souvent, voler les minutes d’une poignée de lignes, mots et caractères, quand il le fallait. Ou du moins qu’Il Le Fallait.

C’est autre chose. C’est extérieur. C’est « dans l’air ». Du mal à blablater simplement ma Fatigue, mon fils, mon boulot, ma vie. Du mal à jacter comme si le monde tournait rond. Parce que des gens meurent en mer pour avoir fuit sur trois planches de bois les horreurs de guerres, parce que la planète se réchauffe, hein, je ne vous l’apprends pas, parce qu’il y a ce japonais avec une leucémie qui travaillait à Fukushima, parce qu’un bus a pris feu avec tous ses passagers, parce qu’un ouragan a fait un strike sur les côtes mexicaines, parce qu’un type peut entrer dans une école américaine, une église, n’importe quel lieu public, shooter plusieurs personnes avant de se tirer une balle dans la tête et que ça ne nous étonnera même plus tant que ça de l’apprendre aux infos, parce qu’en janvier, un terroriste a tué Charlie aussi, parce que des ados s’en vont en Syrie ou en Irak apprendre à tuer et se faire tuer, parce que des israéliens et des palestiniens s’entre-tuent à coups de couteaux dans les rues, parce qu’on laisse un orque mourir dans un bassin d’avoir avalé de la boue, parce qu’on tire sur les loups qui prétendument mangent des moutons, parce qu’une pluie diluvienne tue des gens dans les rues et les parkings de villes du Sud, parce qu’on construira quand même de nouvelles villas, de nouveaux parkings, de nouvelles routes qui étanchéiront davantage des zones déjà inondables, parce que…

Toutes ces choses dont je ne parle pas ici, dont je débats ailleurs, autrement, mais qui du coup manque terriblement au portrait en creux qui se dessine de moi sur la Toile. Et ce sentiment qu’à l’heure actuelle l’écriture, la création, doivent être engagées ou ne peuvent tout du moins pas être dégagées. En tout cas pas les miennes. Et me savoir strictement incapable de leur donner cet aspect. Parce qu’il faut le provoquer puis il faut l’assumer. Écrire son texte et assurer son service après lecture. Et après cela, ne plus écrire léger de la même façon qu’avant.

Il le fallait sans doute. Je continue de grandir. Ces 18 derniers mois, j’ai pris un siècle et perdu autant. Je crois que je ne sais plus très bien qui vous parle. Ou plutôt qui j’ai envie qui vous parle.

Et puis, je suis Fatiguée, si vous saviez.

Notes de bas de page :

– J’en oublie et j’ai jeté en vrac, sans trier et sans hiérarchiser. Je veux dire par là que je ne place pas sur le même plan la mort en mer d’un habitant du monde ou celle d’un orque en détention. Entendons-nous bien.

– Je ne sais pas ce que j’écrirai après cet article. Je sais que j’écrirai. C’est déjà ça, non ?

11 réactions

  • 1De Lucie – 25/10/2015, 17:35

    C’est déjà ça oui. Patience, courage, et à bientôt ! bisous

  • 2De Shaya – 25/10/2015, 18:33

    Il faut que Peanuts guérisse, que Peanuts grandisse oui. Et l’écriture reviendra quand elle le pourra parce que sans espace de cerveau disponible on ne peut pas écrire je crois.

  • 3De Floh – 26/10/2015, 14:51

    Il faut peut-être arriver à lâcher un truc avec la fatigue….Je commence à y parvenir, 3 ans après, et avec des nuits pas franchement calées, mais c’est difficile à expliquer.
    Juste se dire qu’on ne dormira plus jamais pareil. Que notre organisme a changé, et qu’il faut accepter ce changement. Se dire aussi que la fatigue accumulée, on ne pourra jamais la « rattraper ». C’est un crédit à vie, c’est comme ça, et c’est une lente mutation qui se lance, qui met du temps à être assimilée. Par notre corps, mais par notre tête aussi, qui fait tellement souvent de la résistance…
    Et puis pour l’écriture, oui, comme toi….J’ai la sensation qu’il est difficile d’écrire la légèreté quand il y a tant de lourdeur dehors. Mais d’un autre côté, si on perd même l’envie d’écrire la légèreté, comment peut-on la conserver au monde?
    Je t’embrasse fort…Courage…1ère grosse année de collectivité, 1ère grosse année d’école, c’est kif kif….J’aimerais te dire que ça n’est que passager, mais j’aurais peur de te mentir alors….courage 🙂
  • 4De Minka – 27/10/2015, 07:41

    Elle est là, et elle est envahissante, mais elle ne sera pas toujours omniprésente.
    Tu vas retrouver du temps pour toi, un peu, et plus encore, tu vas retrouver comment profiter de ce temps pour toi.
    Et vous allez passer le premier « vrai » hiver de Peanuts, aussi (premier hiver où il n’est pas boosté en immunités en tous genres que tu lui as prodiguées in utero).Et pour la difficulté et l’envie contrariée d’écrire, que je te rejoins …
  • 5De Lizly – 27/10/2015, 09:18

    @Lucie : Oh, coucou toi ! Des bisous.

    @Shaya : Je sais qu’on va sortir de tout cela mais quand on est dedans, c’est long est pesant. Le cerveau disponible, oui… Il faut peut-être que je me mette à regarder TF1 😛

    @Floh : Il y a tout cet équilibre à trouver, tu le sais. A la fatigue s’ajoute les frustrations. Prenons mes journées de travail : impossible de les prolonger, maintenant, je rester 1h ou 1/2h de plus, de rapporter quelque chose à terminer le soir même. Je quitte le travail systématiquement frustrée. A l’inverse, le temps avec Peanuts n’est jamais suffisant et quand les quelques heures qui terminent la journée sont heurtées et cacophoniques, je le couche frustrée de ne pas avoir réussi à tirer du bon de ces moments-là. Cocktail difficile à digérer une fois mélangé à la fatigue. Il faut apprendre à équilibrer un peu tout cela. C’est du boulot, je ne t’apprends rien.

    @Minka : L’expérience des autres nous permets de savoir que c’est « normal », que le premier hiver, comme tu le dis, la première année de collectivité. Si ce n’était pas celle-ci, ce serait la première année d’école. Mais vu d’ici, la perspective d’attendre mars ou avril pour qu’il aille mieux, c’est interminable. Et pas seulement à cause de la fatigue mais surtout parce qu’il n’est pas bien. Et qu’un mois à tousser quand on en a dix de vie, c’est juste énorme.

    Quant à l’écriture, c’est un animal qu’on n’apprivoise jamais, je crois. C’est juste que par moment, il accepte de se laisser faire.

  • 6De Sacrip’Anne – 27/10/2015, 16:18

    En tant que spécialiste locale de la fatigue, oui c’est une grosse pute qui te prend tout ce à quoi tu tiens (les moments jolis, seule ou partagés, les moments d’énergie, les moments de partage) et te laisse sur le carreau avec la sensation que ça ou la fin du monde, au fond.

    Et quoi qu’on nous dise, c’est insoutenable.

    Le seul avantage c’est que quand on émerge enfin, on savoure des choses qui nous semblaient évidentes jusqu’à présent (oh lala ! J’ai dormi jusqu’à 6h30 ! Je commence la journée pleine de joie !)

    Courage et force.

  • 7De Lizly – 28/10/2015, 13:48

    @Sacrip’Anne : C’est tout à fait ça. « la sensation que ça ou la fin du monde, au fond. » Exactement ça.

  • 8De Sacrip’Anne – 30/10/2015, 10:36

    Je te déconseille d’expérimenter toute forme de maladie qui rend insomniaque pendant les trois premières années de ton fils (ou d’un descendant suivant), du coup 😀

  • 9De Lizly – 31/10/2015, 10:46

    @Sacrip’Anne : Je n’oublierai pas ce conseil ^^

  • 10De lullaby – 06/11/2015, 23:40

    Coucou ! Je t’avais laissé un long message en réponse à ton commentaire, sous ton dernier article, je me demandais pourquoi il n’appelait pas de réponse de ta part alors que tu réponds toujours à tout le monde, j’ai mis un certain temps à me rendre compte que ce fameux message n’apparaissait pas et à en conclure qu’il avait dû finir dans les limbes du web (ou dans tes spams, à voir), mais du coup, je n’avais plus, ni la mémoire, ni le courage de tout réécrire.
    Bref, tant pis. J’espère juste que ce commentaire-ci ne connaîtra pas le même sort !
    Je voulais juste t’envoyer un peu de soutien pour ton petit qui est malade et la fatigue qui va avec. Si je pouvais, je t’enverrais un peu d’énergie aussi, mais pour ça, il faudrait, non-seulement pouvoir la partager, mais surtout, en avoir en rab… Ma petite a quatre mois dans 2 jours, je pense que TU SAIS.
    Personnellement, je me suis fait une raison : désormais, je vais vivre avec ce fond de fatigue, quotidienne et permanente. C’est pas grave, je me dis que j’ai bien profité de mes 37 premières années, j’en ai fait des grasses matinées, j’en ai dormi des nuits de 9, 10, 12 heures. J’ai choisi de devenir maman, c’est ainsi, c’est une nouvelle phase de ma vie, c’est pas grave.
    Ce même raisonnement vaut pour tout le reste (j’en ai fait des soirées entre potes, j’en ai fait des voyages, j’en ai fait des weekends chez des amis, j’en ai bu de l’alcool, j’en ai fumé des clopes, ou, du temps de la grossesse, j’en ai mangé du fromage au lait cru, des sushis, des tartares, etc., etc.) Si ça peut t’aider… 😉 Bises à toi !
  • 11De Lizly – 14/11/2015, 17:35

    @lullaby : Je vois bien ce que tu veux dire. Le fond de fatigue, je le gère. La Fatigue, c’est plus difficile, elle fait tache d’huile sur tout le reste. Je ne regrette pas que ma vie change car elle change pour lui, pour nous. Mais il y a ces jours où elle n’est pas facile. Je t’embrasse, petite maman.

    (Ton précédent commentaire est perdu corps et bien, rien dans mes spams, je GRUMPH !)

Message d’outre-tombe

Ma Mamie est morte dans la nuit du dimanche au lundi précédant les vacances de la Toussaint 2008.

Je pourrais trouver une date plus précise mais c’est ainsi que je m’en rappelle. Je me rappelle de l’appel de mon père dont je saisissais mal la gravité jusqu’à ce qu’il insiste dessus, le vendredi soir. Je me rappelle les échanges avec mon frère, son idée qu’on se retrouve tous chez mes parents, pour attendre. Je me rappelle l’hésitation d’un avion en urgence et le couperet de mon oncle sur son état de conscience. Je me rappelle du téléphone qui sonne à 7 heures le matin, la voix fatiguée de mon père et les mots qui sortent en parabole. Je me rappelle de mon arrivée au collège et des larmes qui sont sorties quand j’ai dit pour la première fois « Ma grand-mère est morte », à l’agent d’accueil, première personne que j’ai vu ce jour-là. Je me rappelle la semaine raccourcie d’un jour, le trajet en avion, puis le début des vacances passé à installer le deuil, là-bas, à la Capitale, parce qu’elle y habitait.

En bonne enseignante, je me repère en année et vacances scolaires. Veille de Toussaint, l’année de ma prise de poste au Petit Collège de la Rive Droite du Fleuve Sans Eau.

J’ai beaucoup pleuré ma grand-mère. J’ai pleuré tout ce que j’avais perdu. Parmi le milliard de choses, j’ai pleuré ses travaux d’aiguille à tricoter. J’ai grandi avec l’idée qu’un jour, la layette qu’elle tricoterait serait destinée à mon ventre s’arrondissant. Enceinte, un jour où ma belle-mère me déballait l’intégralité des vêtements tricotés ayant habillés les premiers temps de vie de Celuiquej’aime, oeuvre de ses grands-mères et arrières grands-mères, j’ai réalisé que notre bébé ne babillerait jamais dans les points mousses de ma grand-mère.

Hier, mes parents sont venus manger chez nous. Ils ont apporté des tas de choses à déballer. Dont un cadeau d’outre-tombe.

Il y a des années, Mamie, sentant qu’elle perdait un peu la main en tricot et sachant qu’elle ne serait pas éternelle, lui a confié des vêtements pour bébé, tricotés pour les futurs enfants de mon frère et les miens. J’ai donc ouvert un paquet contenant une veste en laine à capuche, un ensemble deux pièces hauts et bas et deux paires de chausson d’une douceur indescriptible.

Et rien que de taper ses mots, les larmes me remontent aux yeux, tiens. Et non, elles ne sont pas tristes.

3 réactions

  • 1De lullaby – 04/10/2014, 20:17

    Eh bien, les larmes montent aux miens, aussi… C’est magnifique, je suis très émue. Il y a tant et tant…

  • 2De Anna – 05/10/2014, 04:55

    Je ne sais pas pourquoi, j’y vois tout trouble d’un coup. Ta grand-mère t’a fait un sacré cadeau, elle devait t’aimer énormément.

  • 3De Lizly – 05/10/2014, 15:08

    @lullaby : Imagine moi avec mon paquet… <3<3

    @Anna : Je le savais mais c’est bon de s’en souvenir ainsi.

Rentrer

Et j’ai repris le travail.

Retour à plein temps moins des rouflaquettes, seule en poste, dans ce CDI que je connais sur le bout des cotes. J’ai repris sans mes copains, presque tous partis, ça a muté à tout va. J’ai repris avec une Direction nouvellement chapeauté, des visages à associer à des noms et des disciplines et un statut d’ancienne du bahut un peu plus encloué par ce huitième septembre entamé en ces murs.

Je n’ai pas fait de liste de résolutions et sans vraiment la formaliser, la principale était « Ne pas s’impliquer de trop ». Je m’étais enjoint à me laisser davantage vivre, à profiter de ce que je suis encore sur ce poste que je maîtrise pour limiter les efforts. Puis les projets se sont présentés comme des évidences et mes habitudes aidant, je ne me suis même pas rendu compte que je les cumulais.

Tant pis.

Tant mieux.

Puis à y réfléchir, j’ai respecté la résolution. J’ai décidé de ne pas me présenter pour le CA. Et je me sens tellement peu concernée par la question que je n’en ai parlé qu’aux deux personnes qui ont mis le sujet sur le tapis, pour balayer la question. Ma démobilisation prolifère et je crains que les candidats restant soient bien en peine de monter une liste complète. Et à mon grand étonnement, je m’en fiche totalement. Et je prévois de sortir le pop corn quand ils chercheront à faire ce pour quoi j’ai été tant critiquée.

A y réfléchir, j’ai respecté la résolution. Je parle avec tout le monde – ou presque, il y en a… Mémé, les orties, vous savez – mais ne m’investis avec personne. Maintenir de bonnes relations professionnelles, en instaurer si possible, mais voilà, je cherche pas à savoir le nom du chat, l’adresse de la boutique de chaussures, le kilométrage du kangoo, la couleur préférée du cheval blanc d’Henri IV. Et si j’ai participé d’un paquet à la réserve commune de thé, j’en ai aussi un dans mon casier parce que ça commence à bien faire d’en apporter toutes les trois semaines et de ne trop souvent plus en avoir à boire.

Je suis contente de retrouver mes élèves, « mon » CDI, mes missions. Contente de monter ce projet lecture, ce club journal, cette participation au défi Babélio. Contente de mon mail de veille hebdomadaire, de la nouvelle disposition de la salle de travail, de mes classes de 6èmes. Contente d’aller bosser le matin.

Je suis très satisfaite de quitter ces mois de vie de femme au foyer et ces journées où une bonne part de ma satisfaction devenait proportionnelle aux nombres de lessives triées, lavées et étendues, où j’organisais ma semaine en fonction du contenu du frigo et de l’état des sols. Je suis très satisfaite de retrouver une activité qui m’appartient autant et pour l’exercice de laquelle je ne peux trouver aucune excuse de contournement.

Je laisse mon fils tiraillée. Toujours. Convaincue que l’univers qu’il rejoint lui apporte des choses dont il est demandeur, à commencer par le contact avec d’autres enfants qu’il recherche sans conteste. Mais il me manque, c’est aussi simple que ça. J’ai du mal, encore, à accepter de ne pas savoir tout de ses journées.

C’est au travail que je réalise combien mes pensées elles-mêmes s’organisent différemment. Combien de fois il me restait, là-bas, à coucher sur le papier les projets, les idées, les textes déjà pensés, organisés, dans ma tête ? Combien de questions pros je réglais en me brossant les dents, en prenant ma douche, en épluchant les légumes ? Maintenant j’arrive chaque matin comme réinitialisée. C’est lourd dans la journée de travail. C’est sain pour ma vie à moi.

Il y a encore un équilibre à bosser, il y a toujours des frustrations à temporiser, il n’a jamais assez d’heures dans une journée. Mais je suis plutôt satisfaite de mon sort, je dois le dire.

 

3 réactions

  • 1De Anna – 14/09/2015, 09:40

    Je suis heureuse pour toi. :-)

  • 2De lolo – 06/10/2015, 23:01

    belle rentrée donc, en regardant un mur social,je me demandais ce que tu devenais je suis heureux pour toi de ces nouvelles résolutions.

  • 3De Lizly – 07/10/2015, 10:07

    @lolo : Oh, coucou lolo ! Je passe furtivement là-bas, j’attrape quelques posts au vol, mais je n’arrive pas à trouver le temps d’y être. Sans fermer mon compte pour autant, je ne me résigne pas !

Vertige

Et là, il va jusqu’à la fenêtre du balcon et s’assoit pour regarder à travers. Seul. Sans demander, sans appeler, sans perdre l’équilibre. Et quand il se retourne vers moi, il a presque l’air surpris que je le regarde. Il me sourit et s’en repart à la vitre sur laquelle il commence à taper du plat de la main. Comme si tout cela était naturel.

Mais hier, encore, assis, il basculait.

A la mi-août, il a eu 8 mois. A la mi-août, il a un peu eu 16 mois. On est tombé à la renverse dans l’âge qu’il aura toujours maintenant : plus vieux hors moi que dans le lac creux de mon ventre. Et comme pour fêter cela, il a commencé à se déplacer pour de bon dans un mélange de quatre pattes peu efficace et de crapahute sur le ventre à la force des bras.

Et c’est vertigineux.

En rentrant chez nous, on a fini de surélever, de fixer, de cacher. En rentrant chez nous, on a baissé le lit d’un niveau et rangé le transat à la cave.

Son transat. Ça fait quelque chose.

Il se déplace, défait nos lacets, râle quand il est contrarié, garde une idée en tête ne se laissant plus aussi facilement distraire de ses objectifs, joue à « coucou bébé », a mâché le coin d’un livre-en-papier, trouve chaque prise électrique d’une pièce en moins d’une minute chrono. Il tête les compotes en gourde, choisit précisément l’angle de l’anneau de dentition qui soulage le mieux, couche son Totoro sur son ventre et non plus l’inverse, ne s’endort plus dans la poussette, attrape les jouets en hauteur, se fait rire, jette la tétine loin du lit quand il ne veut pas dormir, se tient droit contre nous quand on le prend sur un bras.

Mais endormi tout contre moi dans la rue, mon bébé porté, il est pourtant encore si petit.

La semaine prochaine, il commence sa nouvelle crèche. Sa rentrée à plein temps. Ou alors est-ce la mienne. Septembre qui arrive, le mois du recommencement annuel la saveur si singulière cette fois.

Il grandit.

Et c’est vertigineux.

une réaction

  • 1De Anna – 29/08/2015, 16:24

    Oui, hein. *soupir, mais heureux*

Suspension (5)

… avons eu 10 ans déjà, ce qui commence à faire pas mal pour un couple. Je n’ai rien vu passer. Mais en regardant pas dessus mon épaules, je vois celle que j’étais alors et j’aurais bien des choses à lui dire pour…

… tienne cette place dans ma vie, dans nos vies, « maman » n’est pas la première chose que je dirais de moi pour me présenter comme je le croise pourtant si souvent. Je me demande si…

…ne me plierais pas à me présenter sous le patronyme de Celuiquej’aime pour simplifier la mémorisation de l’équipe. Je ne suis pas la première mère qui ne porte pas le nom de famille de son fils, ils doivent bien avoir l’habitude, en crèche. J’ai mis du temps à enregistrer que c’était moi, « Madame T. », et non plus ma grand-mère. Ce n’est pas pour qu’on me nomme maintenant « Madame C. », qui n’est autre que ma belle-mère. Puis ce n’est pas comme si…

… ces bébés pendus par l’entre-jambe, le dos droit comme une planche, voir cambré quand ils sont installés face au monde. J’ai physiquement mal pour eux et même un peu pour le porteur car je ne comprends pas comment ça peut-être confortable. J’ai adopté moi-même il y a deux semaines un porte-bébé préformé, mais un physio, dans lequel Peanuts n’est pas porté « par les testicouilles » – et n’ai pas abandonné mes écharpes pour autant – mais je dois toujours autant me mordre l’intérieur des joues pour ne pas intervenir dans la rue auprés…

…piquée partout. Je vais…

…le point de partir en vacances. Faire la valise de Peanuts est un vrai défi pour moi. Je ne comprends pas quel mécanisme admet que je puisse laver des petites culottes sur place en cas de problème mais se hérisse à l’idée de manquer de bodies à manches longues alors qu’on est en pleine…

…alors qu’on n’avait plus de melon ! Pourtant, mes repas de midi se composent pour l’essentiel, depuis trois semaines, de…

…me fait quelque chose. L’équipe y est franchement bien et jeme défie de ne pas comparer sans cesse. Peanuts n’y comprend rien mais nous, adultes, on a la notion du « plus jamais » et du « fini ». Je me demande s’il y repensera. Il s’en souvient puisqu’il reconnait les lieux. A quelle vitesse ces souvenirs s’effacent-ils de la mémoire d’un tout petit ? Il…

…me gratter jusqu’au sang même si…

…le départ différé de notre lave-linge. Depuis le temps que je…

…sais jamais comment l’écrire au pluriel et bien le Larousse propose les deux versions. J’avoue que ça me fait étrange d’écrire…

Bonsoir Lune et les « Monsieur » ou « Madame ». Enfin, pour le moment, on essaie surtout de lui faire comprendre qu’il ne s’agit pas de les mettre à sa bouche. Même si on est conscient qu’il manifeste ainsi son intérêt pour l’objet. J’avoue avoir hâte de sortir de l’âge où tout ce qui entre dans un périmêtre de la longueur d’un bras de bébé autour de lui se retrouve instantanément gluant de bave. Je sais qu’il y en a encore pour un…

…de bas de…

…comme ils viennent sans toiletter les…

 

 

7 réactions

  • 1De viollette – 27/07/2015, 08:57

    à quelle vitesse les souvenirs s’effacent de la mémoire d’un tout-petit ? C’est une bonne question, il y a des choses qu’il garde en mémoire très longtemps. Je me souviens de mon incompréhension quand mon fils m’a répété un jour quelque chose que je lui avais un an auparavant, à un moment où il n’avait que 3 mots de vocabulaire et où je me demandais s’il comprenait vraiment. Quand il me l’a redite, l’information n’avait plus cours et j’ai mis du temps à comprendre.

  • 2De Anna – 27/07/2015, 11:36

    Je te rejoins sur « pas la première chose que je dirais de moi ».
    A quelle vitesse les souvenirs s’effacent ? Pas vite quand l’évènement a été important pour l’enfant, comme me l’a appris fils-le-grand quand il avait 4 mois…
  • 3De Floh – 27/07/2015, 13:32

    J’ai longtemps été comme toi quand je voyais ces bébés face au monde en porte bébé pas super physios. Et puis je m’en voulais, moi qui refusais de devenir une tyran extrêmiste du portage « physio ». Alors ce que je me suis répété, et qui m’a aidée je crois à prendre de la distance, c’est de me dire « mais au moins ils sont portés, ils ont le contact physique », contrairement à certains bébés qui nagent dans poussette trop grande et son ignorés alors qu’ils pleurent et hurlent.
    Ca rend pas moins extrêmiste, mais ça m’a aidée quand même…Et puis avec le temps, je continue à le remarquer, mais j’essaie d’y attacher un poil moins d’importance. Et je pense que j’ai eu raison de ne jamais rien dire, ça aurait vraiment pu être mal pris, et je le comprends aussi 🙂 On fait du mieux qu’on peut avec ce qu’on a au moment M 😉
  • 4De lullaby – 28/07/2015, 19:02

    Portage, portage… Mon sling arrive demain, j’espère que ma petite y sera bien… Merci encore à toi pour les conseils !
    Nom de famille ? Nous en avons tous les trois un différent ! En Mongolie, le mariage n’offre aucune possibilité d’utiliser le nom de son conjoint ou de l’accoler, du coup les époux n’ont jamais le même nom et ça ne gêne absolument personne. Quant à l’enfant, il prend comme nom de famille le PRENOM du père si les parents sont mariés (le prénom de la mère s’ils ne le sont pas), bref, il n’y a aucun problème d’identité avec ça, nous avons tous les trois des noms différents et ça ne change rien au concept de famille, qui est beaucoup plus développé, défendu et ancré dans la société en Mongolie qu’en France.
    Moi non-plus, je ne me définirais pas comme maman en premier, et pourtant je vais l’être à temps plein, puisque pas de travail désormais, et pas prévu pour tout de suite. Comment je me définis en premier ? Bizarrement, toujours comme avocate, alors que je ne le suis plus depuis plus d’un an…
    Bon, et quel est ce pluriel qui existe sous deux formes ??? Ne nous laisse pas dans un tel suspense !
  • 5De Lizly – 03/08/2015, 10:29

    @viollette : C’est difficile de savoir ce qu’il reconnait, ce dont il se souvient, déjà à très court terme. Je suis sûre que là dessus comme sur tout le reste, ils peuvent nous surprendre beaucoup !

    @Anna : Et j’imagine qu’on ne se rend pas toujours compte de l’importance d’un évènement pour une tout petit…
    Alors, c’est quoi la première chose que tu dirais de toi ?

    @Floh : Je me retiens en me rappelant à quel point les conseils donnés au brûle pourpoint par d’illustres inconnus me crispent, me mettent en colère et parfois, me minent le moral. Ce que je trouve dommage c’est que je suis certaine que s’ils savaient ce qu’il en était, la plupart de ces parents porteraient autrement…

    @lullaby : alors, ce sling ? Raconte ! J’espère qu’il comble vos besoins et tes attentes.

    Cette histoire de noms est bien culturelles, comme tu le démontres si bien. Moi j’ai grandi avec une mère qui ne porte le nom de famille d’aucun de ses enfants. Mais j’ai rencontré des femmes qui donnent comme première raison à leur mariage de porter de nom de famille de leurs enfants. Pour la crèche, je comprends que ce soit plus facile mais ils plaquent tout de même un schéma « un père et une mère mariés, un enfant » qui est de moins en moins celui qu’on rencontre le plus.

    Je pense qu’avoir une activité pro n’empêche pas d’être « maman à plein temps » mais je suppose que tu n’utilisais pas l’expression pour en sonder le fond 🙂 Je pense que pour toi, être avocate dépasse l’exercice du métier, c’est aussi un état d’esprit, non ?

    Et enfin, le mot, c’est « body ». Un body, des bodies ou des bodys. Le -ys me fait bizarre même si autorisé par Larousse.

  • 6De Anna – 05/10/2015, 14:38

    @Lizly : J’ai (très mal) répondu là.

  • 7De Lizly – 05/10/2015, 17:36

    @Anna : Tu as admirablement répondu ! Merci

Bullet journal : une « astuce »


Je vous parlais il y a quelque temps du Bullet Journal et en évoquait une limite souvent rencontrée et « dénoncée » : ne pas pouvoir programmer pour les jours, semaines, mois à venir comme on le fait dans un agenda.

J’avais adopté une solution sous forme de calendrier dans les premières pages. Avec l’usage, je me suis rendu compte que mon agenda me manquait tout de même. J’étais donc partie pour adopter deux carnets différents mais ça me contrariait un peu. Jusqu’à ce que l’illumination se fasse, en papeterie.IMAG1846.jpg

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Avec un agenda et un carnet à spirales, il devient assez facile de combiner les deux. Il faut bien choisir son agenda et son carnet pour que la taille des anneaux et des trous correspondent, mais comme c’est assez normé, on s’y retrouve rapidement. Ensuite, il faut sortir les pages de l’agenda de leurs anneaux, ôter une épaisseur équivalente en pages du carnet, puis glisser les pages de l’agenda dans la spirale du carnet.

Avec les spirales des miens, il a fallu que j’enlève les deux couvertures du carnet, insère les pages d’agenda en partant de la fin puis remette les couvertures. En étant patient et méthodique, c’est assez facile.

Ainsi, j’ai dans le même carnet de quoi tenir mon bullet journal et un agenda.

Voilà, ce n’est pas le post du siècle, mais si ça peut servir à d’autres, ce sera toujours ça de pris.

une réaction

  • 1De Floh – 27/07/2015, 13:09

    Ha dis donc, simple et évident mais franchement bravo, visiblement personne n’y avait pensé avant toi 🙂
    Des bises ma belle